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Œuvres de Mathias Weckmann (ca. 1616-1674), Johann Jacob Froberger (1616-1667), Louis Couperin (ca. 1626-1661), Arcangelo Corelli (1653-1713), Georg Böhm (1661-1733), Georg Philipp Telemann (1681-1767), Domenico Scarlatti (1685-1757), Johann Sebastian Bach (1685-1750) et Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788). Les orgues de la Renaissance et de la période baroque (Pachelbel et al. ) ; Les orgues de la Renaissance et de la période baroque / Pays-Bas (Bach et al. ) ; Musique à Versailles (Marais, d’Anglebert, Forqueray) ; Chefs d’œuvres de la musique française pour clavecin (Rameau, Le Roux, Royer, Duphly). Gustav Leonhardt, clavecin et direction ; Frans Brüggen, Barthold Kuijken, flûte ; Sigiswald Kuijken, violon ; Wieland Kuijken, viole de gambe ; Anner Bijlsma, violoncelle ; Bob van Asperen, clavecin ; Markus Schäfer, ténor ; Harry van der Kamp, basse ; Tölzer Knabenchor ; Baroque Orchestra ; Leonhardt Consort. 15 CD Sony classical 88697318972. Pas d’indication de dates d’enregistrement. Notice trilingue (anglais, allemand, français). Durées : 64’00, 60’54, 53’31, 71’02, 57’34, 64’42, 63’22, 49’25, 44’09, 47’19, 61’05, 74’27, 47’09, 48’36, 46’32.

 

Avec les coffrets de ce genre, quelle que soit la quantité d’éloges et de réserves que l’on fasse, on est quasiment toujours certain de faire une bonne affaire, tant leur prix est dérisoire (ici 30 euros). Ceci est d’autant plus vrai qu’avec ce coffret-ci, il y a fort peu de tri à faire.

Évidemment, on regrettera que l’opportunisme commercial de l’éditeur ne se double pas d’une politique éditoriale digne de ce nom : on ne sait même pas de quel « jubilé » il est question (les 80 ans du pape de la musique ancienne), on ne sait ni où ni quand les disques ont été enregistrés pour la première fois, ni quels instruments sont utilisés (sauf quelques orgues) ; la notice, qui ne contient qu’un court entretien avec le maître, est traduite de manière honteuse ; il y a de nombreux problèmes de volume entre les plages d’un même disque ; etc. Plus grave, l’éditeur ne semble pas avoir remarqué qu’il donne deux versions du même concerto de Bach, le BWV 1052, ou que ce n’est pas mais Bob van Asperen, un disciple, certes, qui interprète le BWV 1044. Ceci ne suffit pas à diminuer notre bonheur. On apprécie notamment de trouver, au total, moins de clavecin soliste (6) que d’orgue (3), de musique de chambre (3) et d’ensemble (3) ; on dispose tout de même d’une bonne image de la carrière de Leonhardt.

Les récitals Louis Couperin, Weckmann, Böhm sont inestimables. Leonhardt a non seulement été le grand champion de ces compositeurs, mais sans doute leur meilleur interprète ; on connaît depuis longtemps ses affinités avec le premier XVIIe siècle. Les Variations Goldberg parues originellement chez DHM, sans reprises, ne sont ni le meilleur enregistrement de Leonhardt, ni celui de l’œuvre, mais on s’en accommodera volontiers. De manière plus inattendue, on redécouvre un récital Scarlatti dont la fougue n’a rien à envier aux versions récentes, y compris les plus intentionnellement trash ; quant aux maîtres français, que Leonhardt a relativement peu fréquentés, si Rameau déçoit, Royer et Duphly sont excellemment traités, avec le soupçon de kitsch qui leur sied si bien.

Les récitals d’orgue sont moins passionnants. Leonhardt a coutume de dire lui-même qu’un orgue se joue tout seul, et qu’un bon organiste ne peut pas faire sonner un mauvais instrument ; c’est hélas ce qui se produit avec le premier des disques consacrés aux orgues de la Renaissance et du Baroque, dont l’écoute est pour le moins éprouvante, malgré tout l’intérêt historique et organologique que les instruments pourraient susciter.

La musique de chambre comprend un tube éternel des « baroqueux » : l’opus 5 de Corelli joué à la flûte à bec par Frans Brüggen. Les quatuors parisiens de Telemann avec les frères Kuijken n’ont pas pris une ride ; la deuxième génération de baroqueux a fait plus vite et plus fort depuis, mais leur vitalité est inégalée. Le récital de musique française est connu pour un fameux enregistrement de la Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont de Marais, mais nous lui préférons ceux de Jordi Savall ; par contre, les gravures de Forqueray sont des sommets de poésie qui offrent une alternative aux interprétations quelque peu acharnées que l’on a connues depuis.

est dans tous ces enregistrements l’accompagnateur idéal. D’un côté, il ne dissimule jamais son clavier par des artifices, contrairement à nombre d’interprètes prétendument intimistes, qui, au fond, trouvent l’instrument gênant et le suppriment du continuo dès qu’ils peuvent, au profit de l’orgue positif ou des cordes pincées. De l’autre, tout en apportant la vigueur nécessaire aux passages qui le requièrent, il ne concurrence jamais le soliste, contrairement, là aussi, à d’autres clavecinistes un peu trop enthousiastes. Voilà le bon goût incarné pour la basse continue.

Les concerti de Bach père et fils sont insatisfaisants non pas à cause des solistes, dont Bob van Asperen, donc, mais des ensembles fragiles qui l’accompagnent. Quant au disque de cantates de Bach, il a visiblement pour fonction de rappeler l’importance de l’enregistrement de leur intégrale (avec Nikolaus Harnoncourt) pour la carrière de Leonhardt, même s’il n’en est pas issu. On y retrouve pourtant les mêmes qualités et les mêmes défauts : même conviction, même force dans les grands ensembles, même qualité aléatoires des solistes instrumentaux et vocaux.

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Œuvres de Mathias Weckmann (ca. 1616-1674), Johann Jacob Froberger (1616-1667), Louis Couperin (ca. 1626-1661), Arcangelo Corelli (1653-1713), Georg Böhm (1661-1733), Georg Philipp Telemann (1681-1767), Domenico Scarlatti (1685-1757), Johann Sebastian Bach (1685-1750) et Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788). Les orgues de la Renaissance et de la période baroque (Pachelbel et al. ) ; Les orgues de la Renaissance et de la période baroque / Pays-Bas (Bach et al. ) ; Musique à Versailles (Marais, d’Anglebert, Forqueray) ; Chefs d’œuvres de la musique française pour clavecin (Rameau, Le Roux, Royer, Duphly). Gustav Leonhardt, clavecin et direction ; Frans Brüggen, Barthold Kuijken, flûte ; Sigiswald Kuijken, violon ; Wieland Kuijken, viole de gambe ; Anner Bijlsma, violoncelle ; Bob van Asperen, clavecin ; Markus Schäfer, ténor ; Harry van der Kamp, basse ; Tölzer Knabenchor ; Baroque Orchestra ; Leonhardt Consort. 15 CD Sony classical 88697318972. Pas d’indication de dates d’enregistrement. Notice trilingue (anglais, allemand, français). Durées : 64’00, 60’54, 53’31, 71’02, 57’34, 64’42, 63’22, 49’25, 44’09, 47’19, 61’05, 74’27, 47’09, 48’36, 46’32.

 
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