La Scène, Opéra, Opéras

Une histoire résolument moderne…

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Luxembourg, Grand-Théâtre. 09-X-2008. George Gershwin (1898-1937) : Porgy and Bess, opéra en trois actes de George Gershwin sur un livret de DuBose Heyward, Dorothy Heyward et Ira Gershwin. Mise en scène : Robyn Orlin ; Scénographie : Alexandre de Dardel ; Vidéo : Philippe Lainé ; Costumes : Olivier Bériot ; Lumières : Marion Hewlett. Avec : Kevin Short, Porgy ; Indira Mahajan, Bess ; Daniel Washington, Crown ; Angela Simpson, Serena ; Laquita Mitchell, Clara ; Bonita Hyman, Maria ; Eric Greene, Jake ; Jermaine Smith, Sportin’Life ; Chauncey Packer, Mingo ; Calvin Lee, Peter the honey man ; Barron Coleman, Robbins ; Uzee Brown Jr, Frazier ; Justin Lee Miller, Jim/Undertaker ; Angela Owens, Annie ; Pamela Dillard, Lily ; Maria Clark, Strawberry Woman ; Mel Foster, Nelson ; Timothy Boyd Miller, Crab Man ; Clement Ishmael, Jasbo Brown ; Dominic Gould, Detective ; Tercelin Layr Kirtley, Mr Archdale ; Maxime Tortelier, Coroner ; David Stanley et Ronan Beauperin, Policemen ; Dominique Clerence, Yaya Touré, Jérémine Viraye, Ousmane Ba, figurants. The Atlanta Opera Chorus (chef de chœur) ; Orchestre Philharmonique du Luxembourg, direction : Wayne Marshall

Porgy and Bess

Cette production, après sa création à l’Opéra-Comique, était attendue impatiemment au Luxembourg ! Ce fut une grande soirée qui restera longtemps gravée dans les mémoires. , surnommée «l’irritation permanente» en Afrique du Sud a adapté l’œuvre à la réalité difficile et complexe de son pays. Elle a réalisé une fantastique mise en scène à la fois minimaliste, originale et recherchée, intégrant symboliquement diverses expressions artistiques comme le texte, la vidéo-projection fixe ou déambulant sur scène et la chorégraphie.

Quand les spectateurs entraient dans la salle, ils avaient la surprise de découvrir une scène comme un grand carton blanc ouvert avec un écran courbé sur lequel ils voyaient un aquarium rempli de grands poissons rouges nageant lentement. Cette scène blanche, cet écran rotatif où pendant plus de trois heures furent projetés au ralenti des visages magnifiquement expressifs de pleurs et de sourires d’enfants, de femmes, d’hommes, des scènes de vie en Afrique du Sud, étaient les seuls décors accentuant la pauvreté de cette communauté noire. Pas de bébé dans les bras de Clara mais un drap qu’elle tenait dans ses mains et où était projeté le visage d’un tout jeune enfant. Les couleurs chaudes des vidéos et des costumes simples des acteurs semblaient par contraste refléter les petits bonheurs qui pouvaient régner dans le cœur de ces gens misérables qui partagent tout et peuvent être heureux de trois fois rien comme l’a très bien chanté dans un joyeux «I got plenty o’nothing».

L’acoustique était excellente. La prestation et l’authenticité de tous les chanteurs fut admirable, en belle harmonie avec l’ qui swinguait joliment sous la baguette de l’excellent parfaitement à l’aise dans l’interprétation de cet opéra aux accents jazziques. Ce fut un plaisir d’entendre les très connus «Summertime» et «It ain’t necessarely so» et de redécouvrir les autres morceaux. Nous avons pu admirer non seulement des voix magnifiques et tout à fait intéressantes comme entre autres, celles de (Bess), d’Angela Renée Simpson (Serena) dans un très émouvant «My man’s gone now» ou de (Clara) dans un très tendre «Summertime», mais aussi les grandes qualités d’acteurs et de danseurs. On s’est régalé de la superbe prestation de qui a interprété et dansé avec un merveilleux talent, un dynamique et sournois Sportin’Life nous faisant penser à l’humour de Pirates des caraïbes.

L’action était annoncée comme se passant «dans un passé récent». Il s’agit indéniablement d’une œuvre résolument moderne racontant une histoire d’amours, de meurtres, de truands et de pauvres… encore tellement d’actualité… et pas seulement en Afrique du Sud. Un tout grand spectacle. Une soirée magnifique. Le public luxembourgeois, toujours très cosmopolite a vraiment apprécié et a manifesté tout son enthousiasme par une longue et chaleureuse standing ovation.

Crédit photographique : (Sportin Life) © Elisabeth Carecchio

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Luxembourg, Grand-Théâtre. 09-X-2008. George Gershwin (1898-1937) : Porgy and Bess, opéra en trois actes de George Gershwin sur un livret de DuBose Heyward, Dorothy Heyward et Ira Gershwin. Mise en scène : Robyn Orlin ; Scénographie : Alexandre de Dardel ; Vidéo : Philippe Lainé ; Costumes : Olivier Bériot ; Lumières : Marion Hewlett. Avec : Kevin Short, Porgy ; Indira Mahajan, Bess ; Daniel Washington, Crown ; Angela Simpson, Serena ; Laquita Mitchell, Clara ; Bonita Hyman, Maria ; Eric Greene, Jake ; Jermaine Smith, Sportin’Life ; Chauncey Packer, Mingo ; Calvin Lee, Peter the honey man ; Barron Coleman, Robbins ; Uzee Brown Jr, Frazier ; Justin Lee Miller, Jim/Undertaker ; Angela Owens, Annie ; Pamela Dillard, Lily ; Maria Clark, Strawberry Woman ; Mel Foster, Nelson ; Timothy Boyd Miller, Crab Man ; Clement Ishmael, Jasbo Brown ; Dominic Gould, Detective ; Tercelin Layr Kirtley, Mr Archdale ; Maxime Tortelier, Coroner ; David Stanley et Ronan Beauperin, Policemen ; Dominique Clerence, Yaya Touré, Jérémine Viraye, Ousmane Ba, figurants. The Atlanta Opera Chorus (chef de chœur) ; Orchestre Philharmonique du Luxembourg, direction : Wayne Marshall

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