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Quatuor Atrium, prometteur jeune quatuor russe

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor à cordes n°10 en mi bémol majeur “Les Harpes” op. 71. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor à cordes n°5 en si bémol majeur op. 92. Quatuor Atrium : Alexey Naumenko, 1er violon ; Anton Llyunin, 2nd violon ; Dimitri Pitulko, alto ; Anna Gorelova, violoncelle. 1 CD Zig Zag Territoires. Réf. : ZZT080702. Code barre 3760009291751. Enregistré à l’Eglise du Bon Secours, Paris, du 18 au 22 février 2008. DDD. Notice bilingue (anglais- français). Durée : 59’48’’

 

Réunir au même programme Beethoven et Chostakovitch pourrait bien devenir un classique des programmes des quatuors à cordes tellement ces deux immenses cycles ont marqué leur époque, et se marient finalement assez bien au même programme. Ainsi le jeune , fondé à Saint Pétersbourg en 2000, a choisi un quatuor de la période « médiane » de Beethoven, contemporain du Concerto « L’Empereur », le n°10 « Les Harpes » et un des premiers de Chostakovitch, le n°5, néanmoins œuvre de pleine maturité de son auteur puisqu’elle date de 1952, porte le numéro d’opus 92, et vient après les neufs premières symphonies.

Ce qui frappe immédiatement de la part de ce jeune quatuor est l’intelligence de leur lecture où aucun contresens ou faute de gout ne peut être relevé. Ils ont manifestement un sens de la grande forme qui convient pour jouer ces œuvres avec un souffle qui ne faiblit pas, capturant l’attention de l’auditeur d’un bout à l’autre. Les choix de tempi sont excellents, les transitions réalisées avec souplesse, les gradations dynamiques sont impeccables, l’expression toujours juste. « Les Harpes », moins révolutionnaire que d’autres quatuors, est ainsi très intéressant, avec un excellent premier mouvement, le plus réussi des quatre, où la progression entre introduction, exposition et développement est remarquable. En particulier dans les passages où il faut maintenir la tension sur une longue période, ce que savait assez bien faire les quatuors de tradition russe, l’Atrium faisant ainsi honneur à sa généalogie. Mais ils savent aussi trouver l’émotion dans un bel Adagio. Si les deux derniers mouvements sont de bon niveau, ils restent un poil appliqués et pourraient respirer avec plus de vigueur, d’imagination ou de contrastes. C’est le seul petit reproche que nous ferons à cette interprétation, dans les deux mouvements les plus originaux de cette œuvre assez « classique » pour du Beethoven, et où les plus grandes versions font encore la différence. Mais cela reste du tout bon et ne déshonorera aucune discothèque, bien au contraire.

Le quatuor n°5 de Chostakovitch, bourré d’allusion autobiographique, est typique du style de Chostakovitch, avec ses alternances de périodes apaisées et d’emportements rageurs. Comme pour son Beethoven, le s’en sort avec un naturel bien appris (auprès de leur professeur Joseph Levinson, violoncelliste du Quatuor Taneiev, créateur du Quatuor n°15) qui en constitue en même temps la limite tant on y sent une certaine retenue dans l’engagement. Cette évidente volonté de bien faire limite la prise de risque mais donne un aspect légèrement scolaire que l’expérience effacera sans doute à l’avenir. Ainsi un peu plus de contraste et d’urgence dans l’Allegro initial lui aurait donné plus de vie. Ils réussiront mieux l’Andante central, il est vrai au climat plus uniforme, même si on aurait aimé ici où là moins de vibrato aux violons, mais la conduite du mouvement est belle. Comme celle du final aux tempi sans faute où seul un peu plus d’approfondissement expressif et une dynamique un poil plus étendue donneraient toute l’ampleur attendue dans ce mouvement. Néanmoins, et malgré ces quelques réserves qu’on mettra volontiers sur le compte de la jeunesse, nous avons là deux belles exécutions, encore en deçà des meilleures, mais déjà de fort bon niveau et donnant clairement envie d’entendre ces quatre artistes en concert.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor à cordes n°10 en mi bémol majeur “Les Harpes” op. 71. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor à cordes n°5 en si bémol majeur op. 92. Quatuor Atrium : Alexey Naumenko, 1er violon ; Anton Llyunin, 2nd violon ; Dimitri Pitulko, alto ; Anna Gorelova, violoncelle. 1 CD Zig Zag Territoires. Réf. : ZZT080702. Code barre 3760009291751. Enregistré à l’Eglise du Bon Secours, Paris, du 18 au 22 février 2008. DDD. Notice bilingue (anglais- français). Durée : 59’48’’

 
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