Offenbach fait sonner ses violoncelles

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Jacques Offenbach (1819-1880) : Duo op. 53 n°2 ; Duo op. 54 n°2 ; Duo op. 52 n°3 ; Duo op. 51 n°2 Raphaël Chretien, Jérôme Pernoo, violoncelles. 1 CD Ligia Digital. Code barre : 3 487 545 901 949. Enregistré en 2008. Notice en français. Durée : 73’04’’

 

Si le nom d’Offenbach reste incontestablement attaché aux opéras bouffes comme la Belle Hélène, Orphée aux Enfers ou encore La Vie parisienne connus de tous, ou encore à son magnifique opéra les Contes d’Hoffmann, dont la célèbre «barcarolle» reste sur toutes les lèvres, il n’en est pas de même de ses œuvres de musique de chambre.

En effet, qui se souvient que était considéré à son époque comme le «Paganini du violoncelle» et qu’il s’est d’ailleurs également illustré dans l’enseignement de son instrument fétiche ? Et bien Raphaël Chretien et , assurément ! Et l’on ne peut que les remercier de faire revivre ces duos pour violoncelles. Car même si, à l’origine, Offenbach les a pensés davantage comme des exercices à l’attention de ses élèves, ils n’en restent pas moins des pièces musicales d’une qualité tout à fait honorable. D’autant que l’interprétation de ce CD est pleine de vie, d’allégresse dans les mouvements rapides, comme le premier mouvement du duo op. 53 n°2, de l’op. 51 n°2 (et le troisième également) ou touchante et nostalgique dans certaines parties lentes, à l’instar de l’»adagio» du duo op. 52 n° 3 par exemple. Il faut dire que l’écriture d’Offenbach n’accorde pas un rôle prédominant à un instrument plutôt qu’à un autre. En ce sens, elle permet à chaque instrumentiste de faire montre de sa dextérité et de sa sensibilité. Ajoutons que dans la version proposée ici, l’équilibre entre les deux instruments est renforcé par une bonne prise de son.

Que les amateurs d’opéras se rassurent : dans ces duos, les aspects dramatique, scénique, dansant ne sont pas du tout gommés, comme l’attestent le «mouvement de valse» de l’op. 52 n°3, l’opératique «allegro» de l’op. 54 n°2 ou encore la «polonaise» du même opus.

Le charme des très beaux instruments (un Jean-Baptiste Vuillaume de 1866 et un Franck Ravatin de 2000) opère incontestablement, d’autant que Raphaël Chretien et s’investissent pleinement et semblent à l’aise dans ce répertoire relativement inhabituel pour violoncelle.

Pour conclure, souhaitons que cette heureuse initiative donne envie à d’autres interprètes de sortir le reste de la musique de chambre offenbachienne de l’oubli, que ce soit les Fantaisies pour violoncelle et piano sur des airs d’opéras connus ou encore les Etudes pour violoncelle avec accompagnement de basse ad libitum.

Ce CD reste une idée de cadeau originale pour cette fin d’année approchante…

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