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T’amo mia vita … si soave parola

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Ambronay, Tour Dauphine. 07-II-2009. Claudio Monteverdi (1567 – 1643) : Baci soavi e cari. T’amo, mia vita. Sfogava con le stelle. Dolcissimo uscignolo. Ecco mormorar l’onde. Non è di gentil core. Soave Libertate. Mentr’io mirava fiso. Sandasse amor a caccia. Ohimè dov’è il moi Ben. O com’è gran martire. Zefiro torna. Non sono in queste rive. Gira il nemico insidioso. Presso un fiume tranquillo. I Sospiranti : Annie Dufresne et Esther Labourdette, Sopranos ; Daniel Fourie, contre-ténor ; Fernando Guimarăes et Lisandro Nesis, Ténors ; Romain Bockler, baryton ; Paul-Henry Vila, baryton-basse ; Christoph Sommer, Théorbe.

I Sospiranti

Il était une fois, sept jeunes chanteurs et un théorbiste venant de six pays de quatre continents différents qui un jour de 2008 se rencontrèrent sous la protection d’une bonne fée, l’. Tous amoureux du répertoire vocal du XVIIe, ils décidèrent de fonder un nouvel ensemble, I Sospiranti, afin de pouvoir partager avec le public l’amour de ce répertoire.

Leur bonne fée leur offrit le cadre d’une résidence artistique dont l’aboutissement fut ce concert de «restitution de fin de résidence» auquel nous avons été conviés par nos jeunes passionnés en cette soirée d’hiver, où la neige recouvrait de son silence les paysages environnants de l’ancienne abbaye. Et pour ce premier concert, I Sospiranti nous a offert un programme dont la complexité d’interprétation ne pouvait que présenter des risques si les objectifs avaient été trop ambitieux : des madrigaux de Monteverdi. Un doute bien vite levé, malgré l’acoustique particulièrement réverbérante de la salle. Petite et bondée, elle n’a guère facilité les premières minutes de ce récital et en particulier pour les sopranos. Mais après quelques instants de flottements cette difficulté fut appréhendée, tout comme le trac.

Nos jeunes interprètes, mais déjà tous professionnels par ailleurs, trouvèrent l’équilibre vocal qui donnèrent aux quintettes vocal a capella jusqu’au dialogo concertato pour sept voix et basse continue, et aux duos à voix égales accompagnés par le théorbe (sensible et attentif à la relation au chant de Christoph Sommer) ce sentiment de tension, de suavité, de sensualité si intense dans les madrigaux de Monteverdi.

Enchaînant et entremêlant les livres, les interprètes retrouvèrent ainsi la grâce des premiers madrigaux, si profondément lié à la poésie de la Renaissance, fluide et élégante, et le ton plus dramatique et baroque des derniers livres où la musique vient par ses dissonances et ses effets rendre la théâtralité au mot, et faire de chaque pièce une scène de tragédie ou de comédie. Sept interprètes, sept voix dont les nuances et les couleurs au service de la musique et de la poésie s’enlacent, se fuient, courent, se délectent du chant du rossignol (Esther Labourdette), soupirent de l’absence de l’être aimé, brûlent de mille tourments. La voix de la soprano Annie Dufresne semble surgir de la nuit, étoile lointaine, à l’intense luminosité. Les voix d’hommes sont toutes expressives et dans le superbe trio formé par Lisandro Nesis, Fernando Guimarăes et Paul-Henry Vila dans le madrigal guerrier Gira il nemico insidioso dont les couleurs s’associent à une présence scénique, ils font vibrer l’humour de Monteverdi avec un réel panache.

Ce premier concert est plus qu’une belle réussite, chaque interprète a su exprimer l’ardente vibration qui émane de cette musique. Et le madrigal conclusif à sept voix Presso un fiume tranquillo à la mélancolie amoureuse tourmentée, permit à Annie Dufresne et Lisandro Nesis d’arrêter le temps dans cette union du feu et de l’eau. Le timbre clair et lumineux, fragile, délicat comme le cristal prêt à se briser de la soprano, doux et tendre, flamboyant et séduisant du ténor ont su rencontrer cette flamme qui nous consume à chaque fois que nous l’entendons : la musique de Monteverdi

Crédit photographique : Annie Dufresne et Lisandro Nesis © Jérémie Kerling.

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Ambronay, Tour Dauphine. 07-II-2009. Claudio Monteverdi (1567 – 1643) : Baci soavi e cari. T’amo, mia vita. Sfogava con le stelle. Dolcissimo uscignolo. Ecco mormorar l’onde. Non è di gentil core. Soave Libertate. Mentr’io mirava fiso. Sandasse amor a caccia. Ohimè dov’è il moi Ben. O com’è gran martire. Zefiro torna. Non sono in queste rive. Gira il nemico insidioso. Presso un fiume tranquillo. I Sospiranti : Annie Dufresne et Esther Labourdette, Sopranos ; Daniel Fourie, contre-ténor ; Fernando Guimarăes et Lisandro Nesis, Ténors ; Romain Bockler, baryton ; Paul-Henry Vila, baryton-basse ; Christoph Sommer, Théorbe.

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