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Gérard Gasparian, pianiste

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Pianiste, compositeur, pédagogue, Gérard Gasparian après ses études à Erevan s’est installé en France en 1974. En plus de ces trois casquettes de son métier de musicien, il en a ajouté une supplémentaire, celle d’organisateur de concerts par le biais du festival L’Eure musicale, inauguré au printemps 2008.

Notre dossier : Art du clavier

 

ResMusica : Beaucoup de musiciens font leurs propres festivals. Pour quelles raisons ?
 : L’idée revient à ma sœur Arminé Varvarian. Nous connaissions cette région de Verneuil-sur-Avre, et nous constations qu’il ne s’y passait pas grand-chose au niveau culturel, à l’exception de l’exposition annuelle d’Art naïf (NDLR : le peintre Maurice de Vlamynck a vécu dans cette région). Un festival nous permet un contact permanent avec les artistes, nous donne des idées de programmation, et bien sur de nous faire connaitre en tant que musiciens.

RM : Certes, mais on ne vous attendait tout de même pas à bras ouverts ?
GG : Non, il faut se faire connaître, convaincre les élus locaux. En amont du festival pendant deux ans ma sœur a organisé quelques concerts. Notre but était de toucher la population locale plus que les touristes, nous avons donc décidé d’organiser notre festival au printemps, pendant les vacances de Pâques.

RM : Votre sœur et vous êtes pianistes, mais L’Eure musicale n’est pas un festival de piano.
GG : Non. Il y a du piano bien sûr, mais on essaie de varier au maximum.

RM : Pour convaincre les élus de financer et attirer le public, quelles sont les actions menées ?
GG : Nous avons réussi à avoir un point presse avec la presse locale dès la première édition du festival en 2008. Cette année radios et télévisions locales ont aussi répondu présent. Nous investissons aussi tout le territoire de la vallée de l’Avre : chaque municipalité participe au concert qui se déroule sur son territoire. C’est une difficulté de plus pour nous de tout coordonner. Parallèlement au festival nous avons fait des interventions dans les écoles de musiques. Bien sur le département (l’Eure) et la région (la Haute-Normandie) ont été sollicités. Si le public est local nous cherchons à faire aussi une publicité plus large pour avoir un auditoire venant des régions avoisinantes. Bien sur nous programmons des ensembles et musiciens de la région, ainsi qu’un concert de « jeunes lauréats », que nous considérons comme une mission.

RM : Quel choix artistique sur les œuvres, puisque le festival n’a pas de thématique précise ?
GG : Je préfère la diversité des genres et des styles, voire mélanger les arts, comme par exemple ce concert où l’actrice Brigitte Fossey sera récitante. L’an dernier nous avions un du jazz, cette année s’ouvrira à la musique baroque. Nous aurons aussi pour la première fois un orchestre, avec une création d’Anthony Girard, ancien directeur du CRR de Rouen. Il y aura également un concert avec danse, en collaboration avec un chœur de la région. Ou bien un concert thématique, autour de Mallarmé, où seront confrontées les mises en musique de ces poèmes par Ravel et Debussy. Un « rêve » artistique que j’avais depuis longtemps et que j’ai pu réaliser par ce festival.

RM : Beaucoup de festivals collaborent entre eux. Avec qui travaillez-vous ?
GG : Avec le Festival du Vexin, qui commence peu après, dans une région voisine. J’espère une collaboration durable. Et nous prospectons pour échanger avec d’autres festivals dans les deux régions normandes.

RM : Vous jouerez dans votre festival votre propre transcription de Rondes de printemps de Debussy. Quel besoin de transcrire une œuvre pour orchestre d’un compositeur qui a pourtant beaucoup écrit pour le piano ?
GG : J’ai beaucoup joué Debussy, surtout les grands cycles (Préludes, Etudes, Images), J’ai depuis longtemps joué les transcriptions du Prélude à l’après-midi d’un faune et de Fêtes, qui est extrêmement difficile. J’adore l’orchestre de Debussy, j’ai beaucoup de plaisir à rechercher au piano les couleurs instrumentales d’origine. Toutes les pièces orchestrales ont été transcrites pour piano sauf à ma connaissance Rondes de printemps et Gigues. J’espère que ma transcription sera éditée prochainement, d’autant que Rondes de printemps a été créé il y a tout juste un siècle.

RM : A quoi ressembleront les futurs festivals de L’Eure musicale ?
GG : On fourmille d’idée, un seul festival ne suffit pas. Pourquoi pas un concert symphonique ? Nous avons surtout besoin d’une équipe plus étoffée pour assurer le suivi administratif, la billetterie, la communication, …

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Pianiste, compositeur, pédagogue, Gérard Gasparian après ses études à Erevan s’est installé en France en 1974. En plus de ces trois casquettes de son métier de musicien, il en a ajouté une supplémentaire, celle d’organisateur de concerts par le biais du festival L’Eure musicale, inauguré au printemps 2008.

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