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Joseph Haydn (1732 1809) : « Musiques pour le Prince Esterhazy et le roi de Naples ». 6 scherzando Hob.II 33-38 ; 7 octuors pour baryton Hob.X:1-6, 12 ; 5 « Concerti a Due Lire » Hob.VIIh:1-5 ; 8 notturni Hob.II:25-32. Haydn Sinfonietta Wien, direction : Manfred Huss. 1 coffret de 6 CD Bis CD 1796/98. Code barre : 7 318591 796985. Enregistré en 1993 à Vienne. Notice de présentation en : anglais, allemand et anglais. Durée : 5h41

 

Bis remet sur le marché une série d’enregistrements édités au début des années 1990 sous l’étiquette de feu le label Koch Schwann. Ces différentes partitions sont le reflet de l’immensité de l’œuvre de Haydn. Les Scherzandi sont la réalisation d’un jeune homme de 29 ans qui vient d’entrer au service des Esterhazy en tant que vice-Kapellmeister. C’est déjà une importante consécration pour l’artiste, qui est alors employé par l’un des princes les plus riches d’Autriche.

Les six Scherzandi se présentent comme des symphonies miniatures, avec la même succession de mouvements : allegro, menuet, adagio et presto. L’instrumentarium ignore par ailleurs les altos. Dans ces pièces, Haydn fait preuve d’une grande capacité à exprimer, avec des moyens à l’économie. Le chef d’orchestre précise : « le matériau musical, les motifs et les thèmes sont présentés sous la forme la plus courte possible et sont développés de manière concentrée, sans renoncer à l’ important aspect formel des mouvements. »

Les Sept octuors pour baryton (1775) furent rédigés pour la musique de chambre privée du prince Nikolaus Esterhazy, qui tenait lui-même la partie de baryton. Cet instrument fait partie de la famille des violes de gambes, son registre étant comparable à celui de la viole ténor et du violoncelle dans le registre aigu. Tombé en désuétude, le baryton trouva une oreille bienveillante chez Haydn qui, plus que tout autre compositeur, lui consacra de nombreuses pages solistes. On relève également, dans cette instrumentation de chambre, des parties de cor redoutablement difficile. Elles étaient écrites pour le corniste Carl Franz, musicien à l’orchestre d’Esterhazy.

Ces octuors correspondent à la fin de la période Sturm und Drang de Haydn. On constate ainsi une intensité dans l’expression, avec des variations de climats qui reposent sur un traitement peu habituel des moyens d’expression harmoniques et instrumentaux, avec des adagios aux couleurs automnales qui, comme l’écrit toujours le chef d’orchestre dans l’excellente notice de présentation, évoquent parfois le romantisme du Schubert de l’Octuor.

Haydn et l’orchestre d’Esterhazy étaient très souvent conviés à se produire à Vienne à l’occasion de manifestations exceptionnelles. L’orchestre élisait résidence dans le palais de la Wallnerstrasse, à proximité de la Hofburg. C’est à l’occasion d’un illustre mariage entre les Bourbons de Naples et les Habsbourg d’Autriche qu’Haydn rencontra la famille royale napolitaine et le roi Ferdinand IV, qui lui passa commande des Libraconcerti et Notturni. Alors qu’il n’avait jamais quitté Vienne et ses grands environs, Haydn put recevoir de très nombreuses commandes en provenance de l’Europe entière. Sous la direction de Ferdinand IV, Naples s’était imposée comme une cité culturelle majeure, attirant les plus grands intellectuels du continent. Ce monarque, esthète et épicurien, pratiquait avec aisance la lira oragnizzata, une variante de la vielle à manivelle. Instigateur de ces concertos pour lira, Ferdinand IV, exigeait que toutes ces partitions soient en do majeur, fa majeur ou sol majeur. Les mouvements ne devaient pas être trop longs, tandis que « l’exposition de la mélodie à la lyre devait ressembler à une ligne de hautbois, mais ne devait pas être trop contemplative mais plutôt divertissante ». On peut saluer le talent de Haydn qui, à partir d’un cahier des charges très strict, a su mélanger les caractères musicaux. La série des Notturni continue dans cette veine, mais avec une instrumentation très variée. Ces partitions s’avèrent une bonne illustration de la musique de divertissement au siècle des Lumières et Haydn est toujours à son affaire dans ce style décontracté mais habillé.

L’interprétation de et de son orchestre est un modèle du genre. Bien évidement, ces pièces ne sauraient prétendre au statut de chef-d’œuvre, mais le chef cuisinier Haydn sait, avec des ingrédients modestes et une forte dose d’inventivité, agencer un menu des plus goûteux. D’ailleurs, on ne s’ennuie jamais au long de ces cinq heures de musique.

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Joseph Haydn (1732 1809) : « Musiques pour le Prince Esterhazy et le roi de Naples ». 6 scherzando Hob.II 33-38 ; 7 octuors pour baryton Hob.X:1-6, 12 ; 5 « Concerti a Due Lire » Hob.VIIh:1-5 ; 8 notturni Hob.II:25-32. Haydn Sinfonietta Wien, direction : Manfred Huss. 1 coffret de 6 CD Bis CD 1796/98. Code barre : 7 318591 796985. Enregistré en 1993 à Vienne. Notice de présentation en : anglais, allemand et anglais. Durée : 5h41

 
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