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Richard Strauss par Christian Goubault

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Christian Goubault : Richard Strauss. Bleu Nuit Editeur, collection Horizons. ISBN : 2-913575-91-9. Dépôt légal : 2008. 176 pages. 20€

 

La vie de est fort bien documentée et son œuvre a fait l’objet de nombre d’études et de commentaires. Christian Goubault a d’autant plus de mérite de tenir le pari d’une synthèse, qui, sans apporter d’élément nouveau, condense tout ce qu’il faut savoir sur l’homme, si singulier, et sur le compositeur, si fécond. Chaque œuvre est replacée dans son contexte et analysée dans une langue qui reste claire pour les lecteurs non musiciens. On regrette tout de même qu’il ne soit pas fait mention des arrangements d’Idoménée et d’Iphigénie en Tauride, et que, par moments, l’exigence de brièveté entraîne quelques simplifications : il y a certainement plus dans Arabella qu’une «opérette à grand spectacle», et La Femme sans ombre, une des partitions les plus complexes de Strauss, aurait mérité mieux qu’une simple identification des leitmotive. Sur le point, toujours délicat, de la compromission de Strauss avec le nazisme, l’auteur fait preuve d’une appréciable objectivité. Il aurait toutefois été intéressant d’éclairer les implications politiques du rôle joué par Strauss au Festival de Salzbourg. Christian Goubault montre finalement un artiste véritablement ancré dans le XXe siècle et toujours soucieux de renouveler son style, au lieu du faiseur postromantique que peignent ses détracteurs.

Malheureusement, ce travail rigoureux, si l’on excepte quelques erreurs factuelles, est desservi par une édition largement défectueuse. Passe encore pour la laideur de la mise en page et la mauvaise qualité des illustrations, qui sont parfois malencontreuses (la première image est un défilé nazi !) ou sans intérêt (un sommet enneigé pour la Symphonie alpestre… ). Mais les innombrables coquilles et erreurs typographiques («sa belle fille», «où encore», «l’Odysée», «les Maïtres chanteurs», «le Bâteau ivre», etc. ) n’auraient pas dû échapper à une relecture sérieuse. Si une telle négligence est certainement imputable à l’éditeur, c’est à l’auteur qu’on doit demander compte de trivialités incongrues (quoique réfugié dans sa «bulle sécuritaire», Strauss est manipulé par «Hitler et ses acolytes» : dès lors, «doute et suspicion demeureront attachées à ses basques»), de néologismes inutiles («portraitiser»), et même d’incorrections grammaticales («Mais, depuis qu’elle est devenue la capitale du Reich et que son but est d’en faire l’égale de Paris, Vienne ou Londres, Berlin dispose du chemin de fer…»). Parmi les annexes, un exposé sur les chanteuses straussiennes souffre des mêmes défauts : l’oubli de Rose Pauly, une célèbre Elektra, gène moins que les erreurs sur le nom, les dates de naissance et de mort, la nationalité, la voix et les rôles des artistes. Dommage, aussi, que l’index, limité aux noms propres, ne se consacre pas plutôt aux œuvres, qui ne sont pas présentées dans l’ordre chronologique, mais au sein de chapitres thématiques, au demeurant bien pensés. L’ouvrage, malgré ses défauts, reste commode et recommandable, mais le lecteur, s’il a le temps, fera mieux de se tourner vers la somme due à Michael Kennedy, traduite de l’anglais chez Fayard.

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Christian Goubault : Richard Strauss. Bleu Nuit Editeur, collection Horizons. ISBN : 2-913575-91-9. Dépôt légal : 2008. 176 pages. 20€

 
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