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Stokowski, la légende continue

À emporter, CD, Musique symphonique

Œuvres de Johann Sebastian Bach (1685-1750), Béla Bartók (1881-1945), Jacques Ibert (1890-1962), Frank Martin (1890-1962), Harold Faberman (né en 1929), Vincent Perschetti (1915-1987), Claude Debussy (1862-1918), Dmitri Chostakovitch (1906-1975), Samuel Barber (1910-1981), Gustav Holst (1874-1934), Arnold Schœnberg (1874-1951), Reinhold Glière (1875-1956), Igor Stravinsky (1882-1971), Paul Dukas (1865-1935), Joaquin Turina (1882-1949), Charles Martin Lœffler (1861-1935), Maurice Ravel (1875-1937), Jean Sibelius (1865-1957), Carl Orff (1895-1982), Richard Strauss (1864-1949), Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893), Ralph VaughanWilliams (1872-1958), Ottorino Respighi (1879-1936), Aram Khachaturian (1903-1978), Girolamo Frescobaldi (1593-1643), Ernest Bloch (1880-1959) et Antonio Cesti (1623-1669). Georg Neikung, violoncelle ; Virginia Babikian, soprano ; Clyde Hager, tenor ; Guy Gardner, baryton ; Houston Chorale ; Houston Youth Boy’s Choir ; Houston Symphony Orchestra, The Symphony of the Air, Los Angeles Philharmonic, London Symphony Orchestra, Orchestre national de la Radiodiffusion française ; Leopold Stokowski Symphony Orchestra, direction : Leopold Stokowski. 1 coffret de 10 CD EMI. Référence et code barre : 50999 6 98555 28. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Durée : 13h28

 

Le retour d’une icône ! Avec les années, la mémoire à une fâcheuse tendance à oublier les pionniers de l’enregistrement et de la direction moderne ! C’est le cas de , chef d’orchestre légendaire, mais surtout propagateur infatigable de la musique de son temps, diffuseur hors pair de la musique (jusqu’au cinéma et au dessin animé Fantasia) et technophile émérite à la recherche des moindres innovations des prises de son et des supports d’enregistrement. Le chef grave son premier disque en octobre 1917 à la tête de l’orchestre de Philadelphie et signe, à l’âge de nonante quatre ans, un nouveau contrat discographique d’une durée de six ans avec CBS !

Dans le cadre de sa collection «Icon» dont nous avons salué l’intérêt et la qualité à plusieurs reprises, EMI regroupe toutes les prises du chef pour la Columbia étasunienne. C’est une véritable aubaine car le collectionneur retrouve de nombreux témoignages dont il avait vu mention dans des discographies (Pins de Rome de Respighi, Nuit transfigurée de Schœnberg, Symphonie n°1 de Chostakovitch) mais qui restaient des raretés absolues. A la lecture des titres proposés, on ne peut que saluer l’opiniâtreté du chef et de la maison de disques qui n’hésitent pas à proposer de nombreuses partitions de musiques (alors) contemporaines : Bartók, Martin, Persichetti, Faberman, Lœffler… Passionné par la musique de son temps, le chef n’avait pas de barrières défrichant à l’envie tous les territoires tout en restant fidèle aux compositeurs dont il créait ou enregistrait des œuvres. Ainsi, en septembre 1929 et mars 1930, le chef grave l’une des premières versions du Sacre du printemps de Stravinsky ; tout au long de sa carrière il n’eut de cesse de programmer et d’enregistrer les partitions du compositeur comme les suites de Petrouchka et de l’Oiseau de feu captées ici avec le philharmonique de Berlin. Il en va de même pour Chostakovitch qu’il rencontra en 1958 lors d’une tournée de concert avec l’Orchestre de la Radio de Moscou ; le présent coffret nous propose les Symphonies n°1 et n°11 du musicien dans des lectures à la fois précises et épiques.

Stokowski, c’est avant tout un son ample et généreux, à la fois puissant et stylistiquement flexible allié à une vitalité rythmique qui fait exploser les partitions. Iberia de Debussy, avec le vénérable orchestre de la Radiodiffusion française, est une prise de risques permanents : les tempi sont très rapides et le chef se plait à livrer un Debussy très fauve dans ses couleurs et dans sa construction. Dans le Prélude à l’Après midi d’un faune (avec le LSO), le chef déploie une palette de timbres et des phrasés des plus suggestifs. La Musique pour cordes, percussions et célesta de Bartók a connu des versions plus noires et cursives mais Stokowski se fait plus humain et insiste sur la virtuosité et la transparence de l’instrumentation. Stokowski a toujours été à son aise dans la musique russe où son sens inné de la construction et de la narration faisaient merveille. La Symphonie n°11 de Chostakovitch connaît ici l’une de ses réalisations majeures, l’inspiration du chef qui déchaîne la violence et les contrastes et transcende les musiciens de l’orchestre de Houston dont Stokowski fut, un temps, directeur musical à l’orée des années 50. Il en va de même pour l’incroyable Symphonie n°3 de et la curieuse Symphonie n°2 de Khatchatourian portée par une énergie tellurique. Dans les grandes fresques comme Carmina Burana de Orff ou The Planets de Holst, Stokowski fait jouer toutes les palettes de couleurs de l’orchestre et catalyse les énergies.

Stokowski reste associé à ses orchestrations de Bach qu’il grava tout au long de sa carrière. Certes, les oreilles contemporaines vomissent la grandeur énorme et multicolore de l’orchestre utilisé tel un orgue géant, mais ce travail, cohérent au regard des pratiques de l’époque, reste tout de même un modèle dans la maîtrise de l’instrumentation et dans la puissance orchestrale.

Un coffret pour redécouvrir et surtout ne pas oublier !

 

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