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Gustavo Dudamel : John Adams plus fort que Mahler

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John Adams (né en 1947) : City Noir (Création mondiale), Gustav Mahler (1860-1914) : symphonie n°1 en ré majeur. Los Angeles Philharmonic Orchestra, direction : Gustavo Dudamel. Réalisation : Brian Large. 1 DVD DGG. Référence et code barre : 00440 073 4531. Enregistré en concert au Walt Disney Hall de Los Angeles le 8 octobre 2009. Notice de présentation en : anglais, allemand, français et espagnol. Format son : PCM Stereo. DTS 5. 1 ; Format image : NTSC/16 : 9. DVD : Toutes zones. Bonus : documentaire Bienvenido Gustavo. Durée : 124mn

 

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Bienvenido Gustavo ! Tel était le slogan de la campagne de pub qui a submergé Los Angeles a l’automne dernier. En choisissant le jeune homme pour succéder à Esa-Pekka Salonen à la tête de l’orchestre de la ville californienne, les managers de la phalange voulaient marquer un grand coup, rajeunir l’image du classique et surtout ouvrir l’orchestre sur une ville aux minorités hispanophones importantes. Le produit d’appel a tout pour plaire et un immense engouement du public a accompagné les premiers pas du musiciens en Californie.

Sa maison de disque ne pouvait rater une telle occasion et édite, sur DVD, l’intégralité de ce concert Adams/Mahler (la seule symphonie n°1 de Mahler était déjà disponible en téléchargement).

Le concert est même agrémenté d’un documentaire forcément hagiographique sur le génie de la baguette qu’est le jeune homme….

Ce mandat s’ouvrait par une création du plus californien des compositeurs : . L’artiste a toujours été proche des orchestres californiens ainsi l’orchestre de Los Angeles a déjà créé deux de ses partitions : Naïve and Sentimental Music et le concerto pour violon n°2 ( Dharma at Big Sur) alors que celui de San Francisco entretient de liens encore plus forts avec des premières d’œuvres majeures comme Harmonium et Harmonielehre. Par ailleurs, cette nouvelle composition, nommée City Noir, est la dernière partie d’un triptyque d’œuvres «californiennes», commencé avec El Dorado et The Dharma at Big Sur.

Ce nouvel opus, de plus d’une demie-heure est inspiré les livres de Kevin Starr, en particulier le chapitre «Black Dahlia» de Embattled Dreams qui «évoque le journalisme a sensation et le film noir de la fin des années quarante et du début des années cinquante». La musique, sans chercher à pasticher les musiques de film souhaite évoquer l’ambiance et le climat de ses réalisations. Par ailleurs, souhaite rendre hommage à une certaines idée de la musique symphonique américaine, matinée d’influences du jazz.

La formation instrumentale convoquée est impressionnante et se rapproche du Sacre du printemps : bois par trois, six cors, quatre trompettes, piano, saxophone, et débauche de percussions. En trois partie : vif-lent-vif (une sorte de tradition chez Adams), cette partition est, encore, un nouveau chef-d’œuvre à mettre au crédit du compositeur américain.

Si l’on reste, comme toujours, éberlués par le sens de l’orchestre et le brio de l’instrumentation, cette œuvre agit comme une lame de fond ! La débauche d’énergie et l’extrême virtuosité des mouvements rapides font très souvent penser au spectaculaire du Sacre du printemps avec un final dont le côté extatique et déchaîné n’a rien à envier à la «Danse sacrale».

Par ailleurs, le raffinement des textures et la beauté des alliages instrumentaux (solo de trompette d’une somptuosité mélodique unique au début du troisième mouvement !) plongent l’auditeur dans un monde sonore onirique et traversé d’ombres chatoyantes et chaudes. On s’approche ici des sommets de l’œuvre de John Adams et des cimes de la musique contemporaine ! Dudamel est très à son aise dans cette musique qu’il faut emporter avec tonus et sens du rythme !

Le cas de la symphonie n°1 de Mahler est légèrement plus problématique. La battue, très spectaculaire par sa précision, du chef n’est pas avare de facilités (avec un deuxième mouvement téléphoné). On imagine que sur un concert, ce Mahler orchestral en met plein les oreilles ! Certes, le chef a le sens de la construction et le panache pour transcender l’œuvre, mais il devrait évoluer vers plus de dramatisme et moins d’effets gratuits ! Curieusement, l’orchestre est beaucoup plus à son aise dans John Adams que dans Mahler !

La captation est magnifique (quelle image !) dans le cadre du spectaculaire Walt Disney Hall de Los Angeles et la réalisation de Brian Large plus inspirée que ses prestations lourdes et pesantes qu’il nous sert habituellement.

Même si la symphonie n°1 de Mahler, tempère notre enthousiasme, ce DVD est un bel objet, finement réalisé et magnifié par une œuvre géniale !

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John Adams (né en 1947) : City Noir (Création mondiale), Gustav Mahler (1860-1914) : symphonie n°1 en ré majeur. Los Angeles Philharmonic Orchestra, direction : Gustavo Dudamel. Réalisation : Brian Large. 1 DVD DGG. Référence et code barre : 00440 073 4531. Enregistré en concert au Walt Disney Hall de Los Angeles le 8 octobre 2009. Notice de présentation en : anglais, allemand, français et espagnol. Format son : PCM Stereo. DTS 5. 1 ; Format image : NTSC/16 : 9. DVD : Toutes zones. Bonus : documentaire Bienvenido Gustavo. Durée : 124mn

 
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