Vasily Petrenko dirige Chostakovitch !

À emporter, CD, Musique symphonique

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : symphonie n°5 en ré mineur, Op. 47 ; n°9 en Mi bémol majeur, Op. 70 et n°8 en Do mineur, Op. 65. Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, direction : Vasily Petrenko. 2 CD Naxos. Références : 8. 572167 (n°5 et n°9) et 8. 572392 (n°8). Code barre : 7 47313 21677 (n°5 et n°9) et 7 47313 23927 (n°8). Enregistré en 2008 et 2009. Notice de présentation en anglais. Durée : 78’07 (n°5 et n°9) et 61’57.

 

Le jeune (né en 1976) est l’une des baguettes que l’on s’arrache ! Directeur musical de l’orchestre philharmonique de Liverpool depuis 2006, il a redonné une vigueur et une énergie à une phalange endormie en dépit d’un passé des plus prestigieux (pour ceux qui se souviennent des beaux disques avec Charles Mackerras pour EMI).

Le label Naxos lui offre l’incroyable opportunité de graver une nouvelle intégrale des symphonies de . Si l’on se base sur ces deux volumes, cette somme devrait renvoyer aux oubliettes l’intégrale gravée par le vénérable Ladislas Slovák à Bratislava, pilier du catalogue Naxos, et même s’imposer comme une belle version des années 2000.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne s’attendait pas à des disques de si haut niveau ! Le Chostakovitch de Petrenko est brillant, virtuose mais il n’abandonne jamais un vécu narratif.

Certes, en matière d’émotions, les disques légendaires de Mravinski (Melodya), Kondrashin (Melodya et Praga) ou Kitaenko (Capriccio) sont insurpassables, mais le jeune chef réussit presque la quadrature du cercle.

La gestion des tempi est parfaite : la symphonie n°5 est ample avec un final puissamment charpenté mais jamais brutal, la symphonie n°8 avance avec sens du drame et de l’Histoire et la symphonie n°9 s’affirme rapide et virevoltante. Le traitement de la pâte orchestrale est aussi l’un des grands atouts du chef qui réussit à s’adapter à l’esprit des œuvres mais surtout à galvaniser les pupitres d’un orchestre que l’on attendait pas si bon !

Dans l’imposante symphonie n°8, le chef sait éviter le piège de la romantisation en tenant un discours puissant et large tout en soignant les détails instrumentaux. Le fond et la forme se conjuguent alors avec brio à l’image des mouvements centraux sculptés avec acuité et explosifs.

Même si le sommet absolu de la discographie reste barré, ces deux albums sont plus que de belles versions et surclassent aisément nombre de tentatives récentes dans ses œuvres pas si évidentes à réussir, on pense aux échecs de : Bychkov (Avie), Inbal (Denon), Gergiev (Philips) et surtout l’aseptisé Wigglesworth (Bis) le champion d’une approche clinique et dépassionnée de Chostakovitch. À prix Naxos, on complète sa discothèque à petit prix ou l’on découvre le compositeur avec évidence pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore.

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