Les festivals français : version étude !

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Les publics des festivals. Ouvrage collectif sous la direction d’Emmanuel Négrier. Éditions Michel de Maule/France Festivals/Réseau en scène Languedoc-Roussillon. ISBN : 978-2-87623-2600. 283 pages. Dépôt légal : mars 2010. Prix : 20 €.

 

Michel de Maule

Les travaux monographiques sur tel ou tel festival existent déjà (Aix-en-Provence, Avignon, La Chaise-Dieu…), mais les synthèses sont déjà plus rares. C’est en partant de ce constat que l’association France Festivals et Réseau en scène Languedoc-Roussillon ont commandé en 2008 à une équipe dirigée par (CNRS) une enquête sociologique sur les publics des . Les résultats de cette enquête ont été dévoilés lors d’un colloque à Montpellier en novembre 2009 et font à présent l’objet d’une publication, riche en tableaux, graphiques et illustrations.

D’une ampleur inégalée (23 344 questionnaires ont été recueillis), la recherche porte sur le public de 49 festivals de musique (classique, jazz, musique du monde, musiques dites actuelles…) et de danse, concernant 207 spectacles.

L’étude porte d’une part sur les méthodes des festivals pour fidéliser, renouveler et développer le public, puis sur l’analyse des questionnaires : origine socio-économique des festivaliers, leurs motivations, goûts, pratiques culturelles… ce qui permet de distinguer plusieurs profils types de festivaliers. La dernière partie aborde en particulier les festivals en Languedoc-Roussillon en termes de publics, budgets, retombées économiques.

Un certain nombre des résultats de cette enquête ne sont guère surprenants : les festivaliers sont à près de 60% des femmes, la moyenne d’âge est de cinquante ans et 71, 6% des sondés sont diplômés de l’enseignement supérieur. Les festivaliers sont essentiellement des actifs (53, 6 %), ou des retraités (31, 7%), surtout (58, 2%) issus des classes supérieures (professeurs, scientifiques, cadres d’entreprises, ingénieurs, professions libérales…). Concernant les pratiques culturelles, les résultats sont très supérieurs aux statistiques du Ministère de la Culture (Olivier Donnat), le public des festivals étant plutôt un public de connaisseurs, qui a des habitudes de sorties culturelles le reste de l’année.

Parmi les surprises, il ressort que 39% des personnes interrogées venaient pour la première fois (à tempérer : au festival concerné) et que 39% des personnes viennent pour un seul spectacle. Les aficionados ne représentent que 5% du public. La provenance du public est surtout locale (30, 1%) ou départementale (24, 3%) alors que les étrangers ne représentent que 3, 7%.

Les résultats de cette enquête détaillée sont intéressants, mais ils sont à nuancer du fait même de la démarche : le public du Festival Chapiteuf ou des Transes Cévenoles n’est pas vraiment le même que celui d’Auvers-sur-Oise, de Saintes ou d’Ambronay.

Même si les auteurs insistent sur le fait qu’il existe un renouvellement du public, qui rime avec un rajeunissement et une ouverture sociale, ils reconnaissent également à juste titre que «les univers de consommation culturelle et les différentes esthétiques restent encore très socialement connotés».

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