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Eric Le Sage : un sage schumannien

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Robert Schumann (1810-1856) : Trios n° 1 en ré mineur op. 63 ; n° 2 en fa majeur op. 80 ; n° 3 en sol mineur op. 110 ; Fantasiestücke en la mineur op. 88 ; Six pièces en canon op. 56. Gordan Nicolitch, violon ; Christophe Coin, violoncelle ; Paul Meyer, clarinette ; Eric Le Sage, piano. 2 CD Alpha. Référence : ALPHA158. Code Barre : 3 760014 191589. Enregistré en août et novembre 2009, à la Salle philharmonique de Liège. Livret de présentation en : français et en anglais. Durée totale : 122’56”.

 

poursuit son grand projet d’enregistrement intégral des œuvres pour et avec piano de et ce disque, consacré au trio avec piano, constitue le 2e volet de la série des musiques de chambre avec piano, soit le 9e volume de la collection.

Comme à l’accoutumée, l’interprétation d’ est rassurante et se fonde harmonieusement dans l’ensemble, quels que soient les instrumentistes avec lesquels il joue. Dans les trois Trios avec piano, de la gravité pathétique (premier mouvement des opus 63 et 110) à la gaîté juvénile (dernière mouvement de l’opus 80), de la tranquillité rêveuse (troisième mouvement de l’opus 63, deuxième des opus 80 et 110) à l’animation scandée, (deuxième mouvement de l’opus 63) ou encore dans les moments de joie sereine (dernier mouvement des opus 63 et 110), l’équilibre entre les trois instruments est idéalement maintenu : Le son relativement dur du clavier est merveilleusement atténué par la clarté du violon et la rondeur du violoncelle, présentant à chaque fois un visage très différent, mais parfaitement adéquat.

Les quatre pièces de Fantasiestücke, intitulées chacun «Romanze», «Humoreske», «Duetto» et «Finale», sont également présentées comme «Trio en la mineur n° 0» dans le livret. Ce recueil de morceaux en forme libre est né «le 26 octobre 1849, le jour où Schumann apprend le décès de Chopin auquel la Romanze servira d’élégie funèbre», note Brigitte François-Sappey, ce qui réunit les deux compositeurs autrement que pour leur bicentenaire. Ici aussi, nos musiciens évoluent admirablement entre la rigueur du rythme typiquement schumannien et la liberté de la ligne mélodique hautement romantique.

Les Six Pièces en forme de canon ont initialement été écrites pour le piano à pédalier mais aujourd’hui, on les joue souvent au piano à trois (ou quatre) mains ou à deux pianos, ou encore à l’orgue. Eric Le Sage et ses complices, et , les ont transcrites pour un trio pour clarinette, violoncelle et piano. Ils inventent ainsi une sonorité douce, imprégnée de romantisme. La clarinette et le violoncelle traitent précieusement chaque phrasé, comme un chant, grâce notamment à des notes pleinement maintenues dans la durée que la version pour piano ne saurait réaliser.

Tout au long de ces deux disques transparaît la vision d’Eric Le Sage, meneur du projet. Sa sagesse musicale nous pousse à aborder les œuvres de Schumann avec un regard neuf.

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