Sauvé par la seconde partie

Festivals, La Scène, Musique symphonique

Londres. Royal Albert Hall. 22-VIII-2010. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Ouverture de la Flûte enchantée ; Béla Bartók (1881-1945) : concerto pour piano et orchestre n°3 ; Cantata Profana ; Joseph Haydn (1732-1809) : symphonie n°102 en si bémol majeur. Richard Goode, piano ; Nicholas Phan, ténor ; Ashley Holland, baryton ; BBC Singers et BBC Symphony Chorus, direction : Stephen Jackson. BBC Symphony Orchestra, direction : David Robertson.

BBC Proms

Certains concerts évoluent de la routine à l’inspiration dès que l’entracte est passé ! C’est ce qui s’est passé pour cette prestation du BBC Symphony et de son principal chef invité .

On ne voit gère d’intérêt à commencer un concert avec l’ouverture de la Flûte enchantée, surtout avec un tel effectif instrumental (XXL) et un tempo aussi lent ! Mais on se réjouissait d’entendre en concert, dans le concerto n°3 de Bartók. Considéré par nombre de nos confrères comme une quasi légende vivante, auteur d’enregistrements majeurs de pièces de Beethoven et Mozart, le pianiste américain a déçu ! Mal assorti avec un chef qui recherche une radicalité dans l’orchestration, le pianiste tend à favoriser une vision plus classique, toute en rondeur. Mais, il lui manque une puissance de toucher (l’orchestre de Bartók est assez copieux !) et une logique qui rendent les trois mouvements de ce chef d’œuvre assez longs !

David Roberston revient galvanisé, après la pause, et se lance dans une interprétation de la très rare Cantata Profana de Bartók. Le programme nous apprend même qu’il s’agit seulement de la deuxième exécution de la partition dans le cadre des Proms ! Grand connaisseur des musiques du XXe siècle, le chef américain fait ressortir toute la modernité d’une écriture orchestrale et chorale qui annonce déjà Ligeti. Les forces chorales de la BBC sont impressionnantes d’homogénéité et les deux solistes se tirent des délicatesses de leurs parties avec brio.

Lors de ses années parisiennes auprès de l’ensemble Intercontemporain, le chef avait donné, avec le philharmonique de Radio-France, de belles interprétations des symphonies de Haydn. On le retrouve tout aussi inspiré dans la symphonie n°102. Les tempi sont vifs et le chef cerne, avec sens des nuances et du rythme, les différents mouvements se plaisant à faire danser les thèmes.

Crédit photographique : photo © Michael Tammaro

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