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Elīna Garanča, mezzo-soprano

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Mezzo-soprano adulée du public et chanteuse de l’année des Midem Classical Awards 2010, est l’une des stars actuelles du monde lyrique. Alors qu’elle sort un nouveau disque centré sur l’Espagne et une tournée de concerts, ResMusica rencontre la chanteuse lettone.

ResMusica : Comment êtes-vous devenue une chanteuse d’opéra ?
Elīna Garanča : Je viens d’une famille de musiciens ! Mes deux parents sont, en plus, liés au chant : ma mère est une chanteuse et mon père est un chef de chœur. C’est à l’âge de 17 ans que j’ai réfléchi à mon avenir et j’ai décidé de devenir une chanteuse d’opéra !

RM : Mozart est-il toujours aussi important dans votre répertoire ?
EG : Curieusement, Mozart est désormais moins important dans mes rôles ! Mais en effet, je l’ai beaucoup chanté. Mozart reste, pour former une voix, un modèle, en particulier pour une mezzo-soprano. Les rôles travestis sont très importants, et il est indispensable d’instrumentaliser sa voix, de la stabiliser et de travailler l’impact théâtral et émotionnel. Par exemple, on peut dire, en simplifiant, que dans Puccini, tout vient tout seul ! Avec Mozart, il est indispensable d’être plus technique, plus réfléchi car tout est très subtil. C’est évidemment une discipline exceptionnelle pour aborder le bel canto !

RM : Vous vous produisez à l’opéra et aussi en concert avec orchestre. Le lied semble encore secondaire dans le développement de votre carrière.
EG : Le public du lied est très différent de celui de l’opéra ou des concerts avec orchestre. De plus, les chanteurs de lied sont souvent, plus avancés dans leur carrière et ils ont, parfois, des voix qui conviennent mieux à ce type de répertoire qu’à des œuvres lyriques. Enfin, les chanteurs d’opéras qui se lancent dans le lied sont, de temps à autre, sévèrement critiqués car ils n’en maîtriseraient pas toutes les subtilités ! C’est donc une équation difficile à résoudre. Pourtant, même si je dois reconnaître que même si le lied est minoritaire dans mon répertoire, je m’y aventure de temps à autre comme avec le cycle de Schumann : l’Amour et la vie d’une femme. Qui plus est, ma mère est chanteuse de lied, donc, à la maison, j’ai été familiarisée avec les mélodies ; il ne me reste plus qu’à apprendre les mots ! Je me sens actuellement pleine d’énergie pour l’opéra et les partitions avec orchestre, donc je laisse de côté le lied pour m’y épanouir quand je serai plus fatiguée…. ou plus âgée…

RM : Comment choisissez vous votre répertoire ?
EG : C’est très simple : les théâtres appellent mon agent et ensuite j’avise si je me sens prête pour tel rôle ou si je préfère refuser.

RM : Est-ce qu’il y a un rôle particulier que vous rêvez d’aborder ?
EG : Je suis encore jeune, mais dans une dizaine d’année, j’ai foncièrement envie d’aborder Amneris d’Aida, l’un des rôles, les plus exceptionnels, de Verdi pour une mezzo-soprano !

RM : Que pensez-vous des mises en scène modernes ?
EG : Je suis très contente que l’opéra soit devenu très théâtral ! Je pense que le public attend désormais des mises en scènes modernes qui donnent un écho contemporain indispensable aux œuvres. Mais il y a moderne et moderne. Je reste absolument contre la recherche de la provocation pour la provocation ! La mise en scène doit toujours éclairer les liens entre les personnages et rendre l’action intelligible. Que l’on soit en costume contemporain ou dans des tenues futuristes pour Carmen, cela ne change rien pour moi, ce qui est primordial c’est la compréhension de l’œuvre et les relations entre les protagonistes.

RM : Quels sont vos projets de disques ?
EG : Un DVD de la production new-yorkaise de Carmen sort dans les bacs et je prépare une tournée en relation avec mon dernier disque : un recueil musical autour de l’Espagne avec des tubes mais aussi des raretés !

RM : Avez-vous des projets dans les pays francophones ?
EG : Pour les concerts, oui ! Mais hélas pas pour l’opéra ! Je regrette car j’aime beaucoup chanter à Paris !

RM : Vous allez reprendre Carmen au MET, mais après ces représentations, quels sont vos grands rendez-vous ?
EG : Giovanna Seymour dans Anna Bolena de Donizetti que je vais chanter à Barcelone, en janvier 2011. Ce sera une sorte de retour aux sources car c’est un rôle qui a marqué mes débuts dans le métier à l’occasion de représentations à travers l’Europe. Je suis très contente de m’y confronter à nouveau !

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