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Paavo Järvi dirige Bizet

À emporter, CD, Musique symphonique

Georges Bizet (1838-1875) : Symphonie en ut ; Petite suite d’orchestre (Jeux d’enfants) op. 22 ; Roma, fantaisie symphonique. Orchestre de Paris, direction : Paavo Järvi. 1 CD Virgin. Référence et code barre : 50999 62861304. Enregistré en 2009. Notice trilingue (français, allemand et anglais). Durée : 75’54

 

Pour son premier disque avec son nouvel , a décidé de mettre Bizet à l’honneur. L’idée s’avère bonne car le programme choisi est à la fois exigeant et relativement rare pour jauger un orchestre par rapport à d’autres versions. On pense en particulier à la Fantaisie symphonique : souvenirs de Rome qui n’encombre pas les bac des disquaires ! Quant à la Symphonie en ut, il s’agit d’une œuvre du patrimoine de l’orchestre qui en déjà gravé des lectures avec Baremboim (EMI) et Bychkov (Philips). Mais le plus important est d’avoir sélectionné de la musique française à une époque où la plupart des orchestres français n’enregistre plus de musique française…

La Symphonie en ut, œuvre juvénile, bondissante et colorée, est un véritable scanner pour les pupitres de l’orchestre. Son orchestration limpide ne laisse rien passer de la faiblesse des pupitres. En grand connaisseur de Beethoven, fonce droit devant lui tout en allégeant les textures. Sa symphonie sonne avec le brio et le panache requis en alliant, comme dans ses Beethoven, le sens de la progression et du détail (lignes de vents bien mises en avant) ! Il est également passionnant d’entendre l’ dans cette œuvre si «française». La sonorité globale de la phalange y est tout sauf française : le galbe des cordes et l’homogénéité évoquent plus une formation germanique et disciplinée ! Mais le fini instrumental parfait montre le haut niveau atteint par l’orchestre français ; on admire surtout des vents absolument impériaux.

Le chef parvient à cerner avec tonus et sens des couleurs la belle suite Jeux d’enfants, mais c’est avec Roma que le chef atteint un niveau inégalé dans cette partition pas évidente à unifier et souvent considérée avec dédain. Paavo Järvi travaille la forme mais soigne surtout les nuances et les caractères des quatre épisodes de la pièce. L’orchestre de Paris semble se lâcher et respire les phrasés, tout en sonnant «français».

Le chef signe, pour sa prise de fonction, un excellent disque «carte de visite». Pour Roma, il s’agit sans aucun doute de la meilleure lecture. La Symphonie en ut s’affirme comme la meilleure interprétation de l’Orchestre de Paris et l’une des plus belles interprétations. On doit tout de même considérer les disques de Munch (Accord) et Ozawa (EMI).

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