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Musica Nova, quand riment beauté et complexité

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Lyon. Église Saint-Paul. 15-X-2010. Johannes Ockeghem (c. 1420-1496) : Missa prolationum. Henry Fourès (né en 1948) : Anima mea Dominum (création mondiale). Ensemble Musica Nova, direction : Lucien Kandel et Marie-Claude Vallin

L’ensemble lyonnais de musique ancienne Musica Nova a proposé un grand écart musical à un (petit) public lyonnais. Plus de 5 siècles séparent, en effet, les deux compositeurs au programme.

L’adage se confirme une fois encore : les absents ont eu tort ! La Missa prolationum est un superbe labyrinthe où notes et harmonies se perdent et se retrouvent au gré d’Ockeghem. Le jeu, toujours musical, est presque mathématique. L’œuvre tire son nom de la «prolation», un système de subdivision de durée dans la musique médiévale. Ajoutez un canon qui n’en est pas un (quoique…), dans lequel toutes les voix commencent ensemble et se décalent au fil des notes… Un exercice difficile et délicat dont les chanteurs de Musica Nova se tirent à merveille. Sans nul doute, le fruit du travail et du talent.

L’acoustique de l’église a fort bien servi les voix, remarquables d’équilibre et d’homogénéité de timbre.

De cette Missa prolationum, on ressortira un Credo affirmatif et engagé, un superbe Hosanna, extrait du Sanctus en… canon, bien sûr. On n’oubliera pas le joli duo du second Agnus Dei, chanté par et , et surtout, une justesse d’ensemble exceptionnelle sur une telle partition. A propos de duo, l’assistance attentive a apprécié celui du Salve regina du même Ockeghem qu’Esther Labourdette et lui ont proposé.

Fruit d’une commande de Musica Nova, Anima mea Dominum d’ a été créé au cours de ce concert, en présence du compositeur. Dirigée par , l’œuvre débute par des volées de notes, telles des cloches. Et ça sonne ! Puis le discours musical devient plus plat. On a du mal à en saisir le cheminement et, surtout, l’objectif. Pour les chanteurs, le diapason s’avère, alors, indispensable… Quelques glissandos surprenants mais justes et c’est fini. Pas convaincant, vraiment.

Ces deux mondes extrêmes : la musique ancienne et la musique contemporaine se rejoignent par leur caractère «pointu». Non, il ne faut pas être un spécialiste pour les écouter. Il faut simplement être curieux. Alors les découvertes, bonnes ou, parfois, moins bonnes, enrichissent.

Servie par Musica Nova, l’un des meilleurs (sinon le meilleur…) ensembles français de musique ancienne, la musique d’Ockeghem est belle, tout simplement.

Crédit photographique : Musica Nova © DR

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Lyon. Église Saint-Paul. 15-X-2010. Johannes Ockeghem (c. 1420-1496) : Missa prolationum. Henry Fourès (né en 1948) : Anima mea Dominum (création mondiale). Ensemble Musica Nova, direction : Lucien Kandel et Marie-Claude Vallin

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