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Beethoven Böhm Backhaus : du grand classique, mais pas très nouveau

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano et orchestre n°4 en sol majeur op. 58 ; Symphonie n°4 en si bémol majeur op. 60. Wilhelm Backhaus, piano. RIAS-Symphonie-Orchester, direction : Karl Böhm. 1 CD Audite 95. 610. Code barre 4 022143956101. Enregistré à Berlin au Titania Palast le 9 octobre 1950 (concerto) et à la Jesus-Christus-Kirche les 21, 23 avril 1952 (symphonie). Durée : 69’45’’

 

Puisant dans la riche réserve d’enregistrements réalisés à partir des années 50 par les radios allemandes, en l’occurrence la RIAS Berlin, utilisant à chaque fois les bandes originales, gage de meilleure qualité possible, Audite poursuit avec ce disque Beethoven sa série consacrée à , au côté des séries Knappertsbusch, Furtwängler, Fricsay, Kubelik, Karajan, pour ne parler que des chefs emblématiques aujourd’hui publiés par ce label allemand. Pour le Concerto pour piano n°4 nous retrouvons un des partenaires familiers du chef autrichien, le pianiste .

Ni le concerto ni la symphonie ne sont des raretés avec Backhaus ou Böhm, on possède déjà un certain nombre d’enregistrements, live ou de studio, dont certains font partie intégrante de l’histoire, on pense en particulier à la fameuse intégrale Decca des concertos de Beethoven où Backhaus est accompagné par le Philharmonique de Vienne dirigé par Hans Schmidt-Isserstedt. De son côté, et avec le même orchestre viennois, Böhm signa dans les années 70 son intégrale de référence pour DGG. C’est donc au moins en regard de ces références qu’on doit évaluer le nouveau venu. Côté style aucune surprise n’est au rendez-vous, en particulier de la part du pianiste qui reste fidèle à ses habitudes de rigueur et de simplicité alliées à une force virile parfaitement contrôlée évitant tout sentimentalisme. Cela faisait déjà le prix de ses deux intégrales beethovéniennes réalisées pour Decca, celle des concertos déjà évoquée et celle des sonates. Bien sûr on peut noter quelques différences entre sa version de l’intégrale et le présent disque, mais elles sont légères et surtout dues au tempo un peu plus retenu pris par Böhm dans les deux derniers mouvements. Mais articulation et phrasé sont très proches. On trouvera plus de différences dans la direction d’orchestre avec, comme on peut s’en douter, un Böhm soignant l’articulation avec un détaché des notes pointées plus marqué que son rival, un ton globalement plus stricte voire sévère qu’avec Schmidt-Isserstedt. La plus grosse différence vient d’un équilibre des pupitres perfectible et du son franchement plus étroit. Sur ce point Vienne reste hors de portée d’un RIAS encore à ses débuts. Et l’enregistrement Decca restera préférable.

Il arrive souvent au Böhm des années 50 de se montrer plus vif et animé que le Böhm immortalisé par les enregistrements DG des années 70-80. Ce n’est pas tout à fait le cas de cette Symphonie n°4 qui s’avère plus lente, sombre et dramatique que sa cadette viennoise. L’introduction Adagio donne le ton, très lente au point de ne pas éviter une certaine lourdeur. L’Allegro vivace est plutôt bien lancé et gardera tout du long une assez bonne pulsation, mais de nouveau pâtira du déséquilibre sonore pénalisant les bois. C’est ainsi que le contrechant du basson sur le premier passage pp de cet allegro est trop discret, et qu’il en sera de même ensuite pour le hautbois et la clarinette alors que, curieusement, la flute sonnera plus nettement. Problème de micro, possible, pas si sûr quand on connait la qualité habituelle de ces prises de son, mais c’est quand même dommage dans une œuvre où la finesse des équilibres sonores est expressivement déterminante. Reste que ce premier mouvement, malgré ses petits soucis, fonctionne assez bien alors que Böhm aura plus de mal à habiter l’Adagio où on notera que le souci de clarté classique de ce chef le conduit à jouer certains passages de façon si articulée qu’ils font «machine à tricoter» comme le disent ses détracteurs. C’est un peu vrai ici, il faut le reconnaître, et plus encore dans le final. Mais c’était le style de ce chef qu’on retrouve ici dans une version qui peut être complémentaire de la version viennoise plus tardive, à l’orchestre et la prise de son un cran en dessous de l’officielle DGG.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano et orchestre n°4 en sol majeur op. 58 ; Symphonie n°4 en si bémol majeur op. 60. Wilhelm Backhaus, piano. RIAS-Symphonie-Orchester, direction : Karl Böhm. 1 CD Audite 95. 610. Code barre 4 022143956101. Enregistré à Berlin au Titania Palast le 9 octobre 1950 (concerto) et à la Jesus-Christus-Kirche les 21, 23 avril 1952 (symphonie). Durée : 69’45’’

 
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