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Samuel Barber dirige Samuel Barber

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Samuel Barber (1910-1981) : Symphonie n°2 op. 19 ; Concerto pour violoncelle op. 22 ; Medea, suite de ballet op. 23. Zara Nelsova, violoncelle. New Symphony Orchestra of London, direction : Samuel Barber. 1 CD Naxos Historical 8111358. Code barre : 747313335824. Enregistré du 11 au 13 décembre 1950 au Kingsway Hall, Londres. ADD [mono]. Notice unilingue (anglais) excellente. Durée : 79’34.

 

Non content de publier une superbe intégrale orchestrale de Samuel Barber par Marin Alsop, Naxos s’est offert la participation de l’ingénieur du son Mark Obert-Thorn qui honore à sa façon le centenaire de la naissance du compositeur en transférant sur un seul CD tout ce que Barber a enregistré lui-même de son œuvre pour orchestre chez Decca : la Symphonie n°2 op. 19 (1944, révisée en 1947) ; le Concerto pour violoncelle op. 22 (1946) et la suite de ballet Médée, op. 23 (1948). Ces gravures ont été accomplies en décembre 1950 dans la merveilleuse acoustique du Kingsway Hall londonien transformé depuis en hôtel de luxe…

Durant ses études au Curtis Institute of Music de Philadelphie, Barber suivit notamment les cours de direction d’orchestre avec l’exigeant Fritz Reiner (1888-1963). Difficile de faire un meilleur choix ! La technique acquise lui permit de surmonter en tant que chef d’orchestre toutes les difficultés – entre autres rythmiques – de ses propres partitions. Le résultat est absolument probant, et malgré l’ancienneté de ces documents sonores, la suprême qualité des enregistrements Decca (qui dépassaient de quelques coudées celle de ses concurrents…) alliée aux transferts sans reproche de Mark Obert-Thorn, offre une expérience musicale des plus convaincantes en un confort d’écoute tout à fait acceptable, même selon nos critères actuels d’exigence audio.

La Symphonie n°2, créée par Serge Koussevitzky et l’Orchestre Symphonique de Boston, a bien failli nous échapper car Barber n’en fut vraiment jamais satisfait, même après sa révision de 1947. Et finalement, en 1964, le compositeur ordonna que tous les exemplaires de la partition, y compris les parties instrumentales, soient détruits, ce qui fut accompli. Toutefois Barber ne pouvait guère se douter qu’une copie échapperait à ce massacre, retrouvée dans un entrepôt en Angleterre quelques années après sa mort, pour le plus grand bonheur des mélomanes ! Mais l’œuvre ne pouvait pas être trop mauvaise, puisque le compositeur décida d’en éditer séparément le mouvement lent sous le titre de Night Flight (Vol de Nuit) op. 19a. Engagé dans l’Armée de l’Air Américaine de 1942 à 1945, Barber avait été requis de composer une symphonie inspirée par les pilotes et leurs expériences de vol. Le résultat est donc cette Symphonie n°2, œuvre très intense, atmosphérique, fortement lyrique, et qui méritait assurément de survivre.

Ce sont également les fidèles Orchestre Symphonique de Boston et Serge Koussevitzky qui créent le 5 avril 1946 le Concerto pour violoncelle, de coupe traditionnelle en trois mouvements, la soliste étant la violoncelliste géorgienne Raya Garbousova (1909-1997) pour qui l’œuvre fut composée. C’est toutefois à (1918-2002) que revint l’honneur d’en réaliser le premier enregistrement. Cette superbe musicienne nous avait également révélé, toujours chez Decca, les deux grandes pages pour violoncelle et orchestre d’Ernest Bloch, Schelomo et Voice in the Wilderness. Elle triomphe ici haut la main des difficultés redoutables dont est parsemée l’œuvre de Barber. Il paraît que ce dernier, toujours sévèrement autocritique, était particulièrement heureux de cet enregistrement, et à son audition, on ne peut que constater qu’il avait toute raison de l’être.

La genèse de la suite d’orchestre tirée du ballet Médée est relativement complexe. Commissionné par la légendaire Martha Graham pour le Deuxième Festival Annuel de la Musique Contemporaine de mai 1946, ce ballet fut présenté sous divers titres : Serpent Heart, Cave of the Heart et finalement Medea, nom adopté par Barber pour la suite d’orchestre de 1948, créée par Eugene Ormandy et son Orchestre de Philadelphie. Il est d’ailleurs curieux que dans son intégrale Naxos, Marin Alsop n’ait pas inclus la version originale de ce ballet, mais bien cette suite en sept parties qui nous est proposée ici sous la direction du compositeur. Quoi qu’il en soit, telle que nous la connaissons, cette suite Médée peut être considérée comme l’une des pages essentielles de , où le côté agité, âpre et sombre de sa nature se révèle de la plus évidente manière ; et son interprétation admirable souligne d’ailleurs particulièrement ces diverses caractéristiques : on peut en rapprocher celle tout aussi légendaire qu’en livra Howard Hanson et son Eastman-Rochester Orchestra chez Mercury.

Un disque indispensable, idéal complément du coffret de l’intégrale Marin Alsop chez le même éditeur.

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Samuel Barber (1910-1981) : Symphonie n°2 op. 19 ; Concerto pour violoncelle op. 22 ; Medea, suite de ballet op. 23. Zara Nelsova, violoncelle. New Symphony Orchestra of London, direction : Samuel Barber. 1 CD Naxos Historical 8111358. Code barre : 747313335824. Enregistré du 11 au 13 décembre 1950 au Kingsway Hall, Londres. ADD [mono]. Notice unilingue (anglais) excellente. Durée : 79’34.

 
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