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David Measham, somptueux interprète de Samuel Barber

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Samuel Barber (1910-1981) : Symphony n°1 in One Movement op. 9 ; First Essay op. 12 ; Second Essay op. 17 ; Night Flight op. 19a ; Music for a Scene from Shelley op. 7 ; Knoxville : Summer of 1915 op. 24. Molly McGurk, soprano (Knoxville). London Symphony Orchestra, West Australian Symphony Orchestra, direction : David Measham. 1 CD Regis RRC1139. Code barre : 5055031311392. Enregistré en septembre 1973 en l’église St Giles’Cripplegate, Barbican, Londres ; le 28 août 1974 (Knoxville) et le 11 avril 1976 (Shelley) à Perth, Australie. ADD. Notice unilingue (anglais) bonne. Durée : 78’04.

 

L’année du centenaire de la naissance de vient de s’achever, et à cette occasion nous ne pouvions manquer de recommander l’excellente réédition en un CD Regis de quelques uns des enregistrements légendaires accomplis par le bien regretté (1937-2005), chef d’orchestre britannique qui dirige ici deux orchestres distincts.

En fait, Regis reprend l’essentiel de deux microsillons de l’excellent label anglais Unicorn malheureusement disparu depuis des années. Toutefois, en raison de la durée limitée d’un CD, le choix dût être cornélien d’omettre le Concerto pour violon op. 14, surtout dans la superbe interprétation de l’excellent violoniste australien Ronald Thomas, mais comme il s’agit de l’œuvre la plus connue de Barber (hormis bien sûr le fameux Adagio pour cordes), considérons que c’est un moindre mal.

Il n’en reste donc pas moins que, tel quel, ce généreux CD est parfaitement homogène et constitue un superbe programme Barber, d’autant que dans tous les cas, les interprétations sont superlatives en ce sens qu’elles trouvent en un musicien réellement en profonde empathie avec le langage musical de Barber, tantôt d’un lyrisme éperdu, tantôt dramatique jusqu’à la dissonance, mais qui maintient constamment le plus haut degré d’expressivité.

En 1935, obtient le Prix Pulitzer puis le Prix de Rome Américain, et suite à ce dernier, c’est dans la Ville Éternelle qu’il complète en 1936 sa Symphonie n°1 en un mouvement. Cette œuvre intense est créée à Rome par Bernardino Molinari, puis voit sa première américaine à Cleveland sous la baguette d’Artur Rodzinski. En 1942, Barber en révise la section Scherzo, et sous cette nouvelle version, Bruno Walter l’exécute le 18 février 1944 à la tête du New York Philharmonic-Symphony Orchestra, avant de l’enregistrer en première mondiale avec cette même phalange le 23 janvier 1945.

Les deux premiers de trois Essays for orchestra, de forme lent-vif-lent, pourraient aisément constituer des mouvements de symphonie, le deuxième étant plus développé que le premier. Ils furent respectivement créés par Toscanini et son NBC Symphony Orchestra le 5 novembre 1938, et par le fidèle Walter et le New York Philharmonic-Symphony le 16 avril 1942.

Night Flight, selon les propos mêmes du compositeur, est «une version révisée vingt ans plus tard (1964) du mouvement central de ma Symphonie n°2 achevée en 1944 durant la Seconde Guerre Mondiale, et dont j’ai interdit l’exécution des deux autres parties…» Le titre est une référence explicite à Saint-Exupéry dont une citation est imprimée dans la partition. Il est par ailleurs curieux que Marin Alsop n’ait pas inclus cette version révisée dans sa belle intégrale orchestrale Samuel Barber chez Naxos.

La Music for a Scene from Shelley (1933) débute mystérieusement pour ensuite s’épanouir en un climax dramatique d’une grandeur impressionnante et s’achever comme elle avait commencé. C’est un chef-d’œuvre d’autant plus remarquable qu’il est dû à la plume d’un musicien d’à peine 23 ans.

Le CD s’achève sur une page de maturité de Barber, Knoxville : Summer of 1915. Achevée le 4 avril 1947, elle fut créée un an plus tard par des interprètes de légende : la soprano américaine Eleanor Steber et le Boston Symphony sous la direction de Serge Koussevitzky. Basée sur une prose de James Agee, l’œuvre évoque la vie d’une petite ville américaine à travers les yeux innocents d’un enfant. Barber y réussit un chef-d’œuvre supplémentaire d’une absolue maîtrise, rehaussé en l’occurrence par la splendeur du chant très pur de la soprano australienne Molly McGurk, dont la voix évoque à merveille le timbre d’un enfant. On ne pouvait mieux conclure ce disque éblouissant qui rassemble d’emblée des références pour chacune des œuvres de ce programme, même en présence des excellentes versions de Marin Alsop qui s’imposent directement après celles-ci.

Ce CD est l’idéal complément du remarquable disque Naxos Barber dirige Barber, et tous deux constituent une introduction de choix à l’œuvre pour orchestre de ce très grand compositeur américain.

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Samuel Barber (1910-1981) : Symphony n°1 in One Movement op. 9 ; First Essay op. 12 ; Second Essay op. 17 ; Night Flight op. 19a ; Music for a Scene from Shelley op. 7 ; Knoxville : Summer of 1915 op. 24. Molly McGurk, soprano (Knoxville). London Symphony Orchestra, West Australian Symphony Orchestra, direction : David Measham. 1 CD Regis RRC1139. Code barre : 5055031311392. Enregistré en septembre 1973 en l’église St Giles’Cripplegate, Barbican, Londres ; le 28 août 1974 (Knoxville) et le 11 avril 1976 (Shelley) à Perth, Australie. ADD. Notice unilingue (anglais) bonne. Durée : 78’04.

 
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