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Nuits blanches à Saint-Pétersbourg avec Tatiana Masurenko

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Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Préludes op. 34 (arrangement E. Strachov) ; Mikhail Glinka (1804-1857) : Sonate pour alto et piano ; Alexandre Glazounov (1865-1936) : Elégie ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Elégie pour alto seul ; Chanson russe de Mavra (arrangement K. Oznobishev) ; Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1906) : Chanson de l’invité indien de Sadko (arrangement V. Borisovsky) ; Danse des bouffons de Snegourotchka (arrangement E. Strachov) ; Piotr Tchaïkovski (1840-1893) : Valse sentimentale op. 51 n°6 (arrangement V. Borisovsky). Tatiana Masurenko, alto. Roglit Ishay, piano. 1 CD Profil. Code barre : 881488100297. Enregistré en février 2010 à la Deutschlandfunk Kammermusiksaal de Cologne. Livret bilingue (allemand, anglais). Durée totale : 58’09’’

 

nous convie à un voyage symbolique à Saint-Pétersbourg, non pas au fil de la Neva mais de deux siècles de musique russe, de Glinka à Stravinsky. Tous les compositeurs présents sur cet enregistrement ont en effet entretenus des liens entre eux, soit spirituels soit personnels, et tous ont en commun d’être originaire ou d’avoir été marqué par cette ville.

Le programme retenu délaisse les grands chevaux de batailles du répertoire pour alto, comme la célèbre Sonate de Chostakovitch, et fait le pari d’œuvres courtes, entre curiosités et transcriptions. Parmi les raretés, nous avouerons notre curiosité à l’égard de cette Sonate inachevée de Glinka, une œuvrette fort sympathique entre classicisme formel et couleurs nationales, qui ne nous convainc néanmoins toujours pas de l’importance capitale de ce compositeur mais contient de beaux passages, surtout dans l’Andante. Autres pièces anodines, l’Elégie de Glazounov, charmante sans plus, et surtout la Valse sentimentale de Tchaïkovski, que l’on s’acharne à transcrire pour n’importe quel instrument, et surtout à jouer – allez savoir pourquoi !

Mis à part ces pièces, il faut bien dire que nous passons un très bon moment. L’arrangement des quelques Préludes de Chostakovitch est à ce point équilibré entre les deux instruments, que l’on ressent le bonheur des interprètes à l’écoute de ces pages, tour à tour mélancoliques et cabotines. C’est incontestablement dans les pièces de Stravinsky et de son maître Rimski-Korsakov cependant que fait merveille : la Danse des bouffons virevolte sous son archet, la Chanson russe est toute de robustesse paysanne, l’Elégie est d’une finesse et d’une émotion contenue proprement bluffante malgré l’évidente difficulté, et la Chanson de l’invité indien est enfin un petit chef d’œuvre d’orientalisme, qui nous parle de contrées lointaines ou d’obscures philosophies avec cette mélodie sinueuse, qui semble planer voluptueusement au-dessus d’un amoncellement de coussins en soie. Il y là un abandon affecté, une souplesse dans la conduite rythmique, un raffinement tel qu’on ne peut être que convaincu du grand art de cette interprète.

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Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Préludes op. 34 (arrangement E. Strachov) ; Mikhail Glinka (1804-1857) : Sonate pour alto et piano ; Alexandre Glazounov (1865-1936) : Elégie ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Elégie pour alto seul ; Chanson russe de Mavra (arrangement K. Oznobishev) ; Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1906) : Chanson de l’invité indien de Sadko (arrangement V. Borisovsky) ; Danse des bouffons de Snegourotchka (arrangement E. Strachov) ; Piotr Tchaïkovski (1840-1893) : Valse sentimentale op. 51 n°6 (arrangement V. Borisovsky). Tatiana Masurenko, alto. Roglit Ishay, piano. 1 CD Profil. Code barre : 881488100297. Enregistré en février 2010 à la Deutschlandfunk Kammermusiksaal de Cologne. Livret bilingue (allemand, anglais). Durée totale : 58’09’’

 
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