Resmusica Rouge

L’organiste de chœur de Notre-Dame aux commandes du grand orgue

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Franz Liszt (1811-1886) : Fantaisie et fugue sur le choral « Ad nos ad salutarem undam » S. 259. César Franck (1822-1890) : Prière op. 20. Louis Vierne (1870-1937) : Feux follets et Toccata op. 53, Maurice Duruflé (1902-1986) : Scherzo op. 2. Thierry Escaich (né en 1965) : Poèmes pour orgue. Johann Vexo au grand orgue de Notre-Dame de Paris. 1 CD JAV Recordings JAV 188. Code barre 728969018828. Enregistré en le 6 avril 2010. Livret bilingue (français, anglais). Durée totale 77’33’’

 

a été nommé en 2004 organiste de chœur à Notre-Dame de Paris aux côtés d’Yves Castagnet. Nous pouvons l’apercevoir et l’entendre régulièrement lors des offices en direct, ou sur la chaîne KTO, en particulier au moment des vêpres en fin de journée. Faisant donc partie de l’équipe des organistes de cette cathédrale, il est autorisé, privilège très rare, à enregistrer sur le grand orgue. Pour son premier récital, c’est un coup de maitre. Nous sommes portés d’un bout à l’autre de ce programme par un organiste qui d’une part maitrise parfaitement son art, mais de plus, fait preuve d’une rare inspiration, et d’un savoir faire exceptionnel dans le maniement de cette énorme « machine-orgue ».

La Fantaisie sur « Ad nos » de Liszt, d’après un thème de Meyerbeer, et qui ouvre le programme se place d’emblée parmi les plus belles versions disponibles au disque. L’orgue est ici utilisé avec une souplesse rare, au maximum de ses immenses possibilités sonores, magnifié par une prise de son d’un équilibre confondant. Plusieurs éditeurs spécialisés dans l’orgue font appel à Christoph Martin-Frommen, véritable magicien de la prise de son. On sait les difficultés à bien capter cet instrument, très haut placé dans la nef, et en fond de tribune, dans une acoustique quelque peu difficile. Cependant, chaque plan sonore de l’orgue est à sa place, les crescendos et decrescendos se font avec une progression où les assistants de registration jouent un rôle primordial, aux côtés du combinateur électronique qui enregistre et restitue le moment venu les sonorités souhaitées. Tout cela conduit à une matière très orchestrale et fluide, qui convient à la perfection à cette grande fresque lisztienne. On aura plaisir à réécouter, pour comparaison, d’autres versions de cette œuvre sur le même orgue avec Jean Pierre Leguay, ou la première version de Pierre Cochereau parue chez FY Solstice, et remontant à 1955 !

Le tutti de l’orgue est ici très équilibré avec des chamades bien à leur place, venant couronner la masse sonore, sans l’écraser. La suite du récital est fort belle aussi, jusqu’à l’œuvre de , immense compositeur de notre temps, en particulier pour son instrument l’orgue.

Fête des sons, des couleurs et des rythmes, ce récital s’inscrit comme l’un des plus beaux réalisés en ce lieu, et si cela ne vous suffit pas, vous pouvez vous rendre sur le site de JAV Recordings, écouter une interview de l’artiste à propos de ce disque, et écouter en guise de bonus, le Choral du veilleur de Bach, sur les fonds mœlleux de Cavaillé-Coll, et la Pièce héroïque de César Franck, deux véritables moments de bonheur.

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