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Chostakovitch de jeunesse avec Vasily Petrenko

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonies n°1 en fa mineur, Op. 10 ; symphonie n°3 en mi bémol majeur « Le premier mai », Op. 20. Royal Liverpool Philharmonic Orchestra and Choir, direction : Vasily Petrenko. 1 CD Naxos. Référence 8. 572396. Enregistré en 2009 et 2010. Notice de présentation en : anglais. Durée : 64’33.

 

Les Clefs d'or

Ce quatrième volume de l’intégrale des symphonies de (la symphonie n°8 a été récompensée d’un International Classical Music Awards 2011) sous la baguette du jeune chef confronte intelligemment deux symphonies de jeunesse dont l’une, la n°3, reste fort mal aimée et très rarement programmée !

Dans la symphonie n°1, Petrenko évacue toute dimension purement orchestrale, pour en faire une symphonie motorique, tendue et pleine de hargne juvénile révolutionnaire. Le chef creuse la masse orchestrale, soigne des dynamiques véritablement tragiques et orageuses avec un souhait de mettre en avant la radicalité instrumentale d’un jeune homme qui croyait, comme beaucoup, en l’avenir de l’homme soviétique nouveau. Les tumultes orchestraux rageurs sont traversés par de rares épisodes d’un calme interrogatif. L’orchestre de Liverpool, sombre à l’extrême, et instrumentalement parfait, suit cette battue qui ne ménage pas les nerfs des musiciens et des auditeurs. Cette lecture est la référence des années 2000 avec celle de Vladimir Jurowski (Pentatone), plus hédoniste dans son traitement des masses et des contrastes.

La symphonie n°3 reste une curiosité et s’affirme souvent comme un passage obligé des intégrales. Petrenko expurge la pièce de toute pompe et tout esprit de fête révolutionnaire (l’œuvre est dédiée au 1er mai), mais il tisse des liens, avec une partition, que seuls 4 ans séparent de la symphonie n°1. La pièce, monobloc orchestral, devient un scherzo acide, constructiviste et grimaçant d’une virtuosité ironique et diabolique. C’est assurément la grande lecture moderne de l’œuvre.

Dans ces deux partitions, l’Orchestre de Liverpool est impressionnant de virtuosité et de précision. Ses teintes assez mates et grisées servent la vision radiographique et intense du bouillant démiurge qu’est .

Pour l’intelligence de l’interprétation et du couplage, ce disque est à recommander.

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonies n°1 en fa mineur, Op. 10 ; symphonie n°3 en mi bémol majeur « Le premier mai », Op. 20. Royal Liverpool Philharmonic Orchestra and Choir, direction : Vasily Petrenko. 1 CD Naxos. Référence 8. 572396. Enregistré en 2009 et 2010. Notice de présentation en : anglais. Durée : 64’33.

 
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