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Du grand orchestre brahmsien avec Mariss Jansons

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Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n°2 en ré majeur op.73 ; Symphonie n°3 en fa majeur op.90. Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, direction : Mariss Jansons. 1 SACD BR Klassik 900111. Code barre : 4 035719001112. Enregistré à Munich, Herkulessaal le 16 et 17 mars 2006 (op.73), à Vienne, Musikverein le 16 janvier 2010 (op.90). Notice bilingue (anglais, allemand). Durée : 79’05’’

 

BR Klassik, label du Symphonieorchester Des Bayerischen Rundfunk, nous propose avec ces Symphonies n°2 et n°3 de Brahms deux enregistrements de concerts pris à près de quatre ans d’écart dans deux lieux différents. L’air de famille est néanmoins évident avec à chaque fois des visions très « grand orchestre classique » de ces deux chefs-d’œuvre, où le fini orchestrale, la qualité instrumentale, l’homogénéité de l’ensemble sont portés à un niveau d’excellence difficilement égalable aujourd’hui.

On y reconnaît bien la patte de qui tient son orchestre et assure les équilibres, instrumentaux et musicaux, comme peu aujourd’hui. Il use de phrasés amples et majestueux, respire en douceur dans l’axe du flux musical, et ne se refuse pas un franc legato. En ce sens il est l’héritier du grand style classique plus que du renouvellement interprétatif moderne dont on ne sent l’influence que par petite touche comme, à certains moments seulement, la façon d’articuler plus nettement le soubassement des violoncelles et contrebasses. Le tempo choisi est en général ample sinon un poil retenu, et les variations de tempo à l’intérieur  des mouvements plutôt discrètes. Tout cela nous donne un caractère élégant et régulier, presque pastoral, à ces deux symphonies. C’est évident dès le début tout en douceur de la Symphonie n°2 où toute tension dramatique est évacuée au profit d’un climat paisible et chantant (on y admire le pianissimo des cuivres), très Allegro non troppo, à peine perturbé par l’arrivé du thème principal piano et du premier forte qui lance sagement le mouvement sans réellement le propulser. On remarque aussi le soin apporté par Jansons à chaque transition réalisée toujours en souplesse, et avec quelle précaution il manie le ff qui ne prend vraiment de l’ampleur qu’en tutti, accentuant ainsi le caractère progressif du discours. Néanmoins ce premier mouvement, comme d’ailleurs le finale, resteront un peu sages et un surplus d’animation, de contraste et d’élan, qu’on trouve paradoxalement dans les mouvements médians, les aurait rendus plus attrayants.

La Symphonie n°3, conduite sur des principes interprétatifs très proches, fonctionne mieux, sans doute parce qu’elle est en elle même plus dense, plus naturellement passionato comme indiqué par Brahms dès le début du premier mouvement, et que les tempi choisis par le chef pour les quatre mouvements permettent d’avancer franchement et harmonieusement. Bien sûr on n’y trouvera pas plus ici que dans l’opus 73 les phénoménaux déchaînements alla Furtwängler (en particulier dans les mouvements extrêmes), mais les vagues brahmsiennes sont fort bien restituées et restent vivantes et captivantes dans une vison romantique non sentimentalisée. De ce point de vue, il y a même un Poco Allegretto exemplaire, à notre avis un des tous meilleurs jamais gravés et le finale a belle allure.

Voilà donc une nouvelle publication où la première évidence qui saute aux oreilles est la formidable qualité du tissu orchestral, parfaitement brahmsien, où le vertical, admirablement maîtrisé et équilibré, l’emporte sur l’horizontal peut-être trop sagement mesuré. Ainsi ceux qui chercheront des envolées irrésistibles, des accélérations fulgurantes, des longs moments de tension prenant l’auditeur à la gorge resteront sur leur faim. Mais si on fait abstraction du côté un peu « sage » de cette lecture, plus perceptible dans la Symphonie n°2, ceux qui cherchent un Brahms chantant et harmonieux en auront là un fort bel exemple.

 

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Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n°2 en ré majeur op.73 ; Symphonie n°3 en fa majeur op.90. Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, direction : Mariss Jansons. 1 SACD BR Klassik 900111. Code barre : 4 035719001112. Enregistré à Munich, Herkulessaal le 16 et 17 mars 2006 (op.73), à Vienne, Musikverein le 16 janvier 2010 (op.90). Notice bilingue (anglais, allemand). Durée : 79’05’’

 
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