Deuxième version au disque des suites de Bach par Ophélie Gaillard

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Intégrale des six suites pour violoncelle seul BWV 1007 à 1012. Ophélie Gaillard, violoncelle Francesco Goffriller (1737). 2 CDs Aparté AP 017. Code barre 794881993420. Enregistré en septembre et octobre 2010. Livret bilingue français/anglais. Durée totale 137’.

 

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Remettez cent fois l’ouvrage sur le métier … C’est bien de cela qu’il s’agit avec une telle œuvre, et comme tout musicien qui grandit, la tentation est forte de fixer dix ans plus tard ce que le mûrissement de l’artiste a produit. Une première version avait été chaleureusement saluée par une critique unanime à reconnaître les qualités de l’interprète, tournée vers les violoncelles baroques (un français XVIII° siècle), même si l’approche ne jouait pas à fond le jeu des baroqueux. Même démarche avec la nouvelle version qui nous offre ici un merveilleux Francesco Goffriller de 1737. Le jeu certes a évolué, cependant, l’esprit reste le même, et certaines différences d’une version à l’autre sont parfois difficiles à remarquer. Qu’importe, le résultat est à la hauteur de l’attente, la démarche est conquérante, ces suites sont prises à bras le corps, avec tout ce que cela comporte de sensualité et de lyrisme. Il est à remarquer un usage abondant d’ornements rajoutés, notamment dans les reprises, ce qui, à la manière française, crée une variété accrue dans le discours. C’est un parti pris osé, mais qui se défend pleinement ici, car réalisé en pleine conscience musicale et musicologique.

Comme dans la première version (Ambroisie), fait appel à un violoncelle piccollo, doté d’une fameuse corde aigue de mi, sorte de chanterelle qui s’avère indispensable pour maitriser pleinement les hauteurs de la sixième suite, on y sent l’artiste particulièrement à l’aise, comme si cet instrument « amélioré » lui donnait des ailes. Nous sommes ici sous un charme total, chaque note est chantée, parfaitement intégré dans cette rhétorique baroque à laquelle la violoncelliste est rompue.

La prise de son réalisée en studio est exemplaire, délaissant l’acoustique d’une chapelle de la première version. C’est une tendance : les violoncellistes reprennent le chemin des studios, pour s’approcher sans doute au plus près de leur son, de leur propre chant intérieur, sans se laisser polluer par une réverbération excessive.

Voilà une version, qui aux côtés de bien d’autres, fera date dans l’histoire de la discographie de ces suites miraculeuses.

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