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L’art de Pierre Cochereau au sommet

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Pierre Cochereau (1924-1984) : Deux symphonies improvisées. Pierre Cochereau au grand orgue de Notre-Dame de Paris. 1 CD Solstice SOCD 275. Code barre 3279792752016. Enregistré les 4 septembre et 15 Août 1978 à Notre-Dame de Paris. Livret bilingue français/anglais. Durée totale 68’40’’.

 

Tirées de cette mine inépuisable que constituent les enregistrements de réalisés par Solstice à Notre-Dame de Paris depuis la fin des années soixante jusqu’à sa disparition en 1984, ces deux grandes symphonies viennent enrichir avantageusement la discographie du maitre. Captées en direct, dans une espèce de fièvre jubilatoire, elles nous tiennent en haleine, tout comme le public qui les recevait alors, tel un cadeau tombé du ciel. Cette forme musicale, prédilection de l’artiste, au travers de ses prédécesseurs, Widor, Vierne et autres, se bâtissait traditionnellement en cinq mouvements, supportés par un ou plusieurs thèmes.

La première fut captée lors d’un concert privé pour un congrès de médecine, d’où le choix du thème réalisé à partir des lettres p.e.n.t.o.t.h.a.l., converties en notes de musique, comme il aimait le réaliser. Il ajoute un second thème qui est celui du choral « Vater unser ». Après l’énoncé des thèmes et une introduction quelque peu mystérieuse, qui nous suggère une suite prometteuse, l’allegro suivant nous plonge dans un océan de sons, de rythmes et d’effets, signature reconnaissable entre toutes. Un petit pont nous amène à un Scherzo, où là aussi Cochereau excelle, tant par la volubilité et l’inspiration qui transpiraient de cette forme qu’il avait faite sienne. Vient alors un mouvement extraordinaire qui débute par un andante assez conventionnel débouchant bientôt sur une fugue magistrale, basée sur le fameux thème médical. C’est là que nous appréhendons toute la force de l’école française d’orgue, transmise par Marcel Dupré, son professeur. On se souvient à ce propos de l’anecdote de Widor entendant le jeune Dupré improvisant depuis la nef de Saint-Sulpice, et demandant à Vierne, présent : « êtes-vous sûr qu’il improvise ? Cela semble écrit ! » Bel hommage … Cette fugue est ici le sommet de la symphonie, tant par la maitrise du contrepoint, que par sa progression éblouissante, depuis les fonds de 8 jusqu’au tutti, terminant sa démonstration sur les jeux les plus doux avec solo de flûte harmonique. Le final hautement maitrisé lui aussi viendra boucler ce cycle, dont on se dit en l’écoutant que l’enregistrement sonore est l’une des plus belles inventions qui soit, pour garder à jamais de tels instants de bonheur.

La deuxième symphonie date du 15 Août 1978, et captée dans une nef pleine, comme en témoignent les bruits de pas habituels des nombreux touristes se pressant dans la cathédrale. Le plan reste le même, en cinq mouvements y compris une nouvelle fugue, ce qui confirme, si besoin était, l’art de l’improvisateur , encore sans égal aujourd’hui. Les thèmes choisis sont de circonstance : Ave Maria et Ave Maris Stella pour l’Assomption, et Dies Irae, car le pape Jean-Paul I° venait de décéder précipitamment.

Jusqu’ici seulement quatre ou cinq symphonies improvisées étaient proposées aux discophiles, et quand on se souvient que Pierre Cochereau en improvisa des centaines, on mesure mieux l’intérêt de la présente parution. D’autres dorment encore, mais peu à peu elles nous reviennent, grâce à Solstice.

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Pierre Cochereau (1924-1984) : Deux symphonies improvisées. Pierre Cochereau au grand orgue de Notre-Dame de Paris. 1 CD Solstice SOCD 275. Code barre 3279792752016. Enregistré les 4 septembre et 15 Août 1978 à Notre-Dame de Paris. Livret bilingue français/anglais. Durée totale 68’40’’.

 
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