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MAias Alyamani, symbole du printemps arabe musical ?

À emporter, CD, Musique symphonique

MAias Alyamani (né en 1981) : Memories from Syria ; Oriental Dances. MAias Alyamani, Maria Arnaout, violons. Orchestre Philharmonique du Qatar, direction : Missak Bagboudrian. 1 CD autoproduit. Enregistré en juillet 2011 à Doha, Qatar. Notice anglais-arabe. Durée : 56’30

 

En juillet 2011, en plein printemps arabe, l’ enregistre la suite « Memories from Syria » (Souvenirs de Syrie) d’un compositeur syrien toute juste trentenaire, né en 1981, Mohammad Maias Al-Yamani, alias . La pochette du disque le montre devant une barrière qui évoque une frontière. Le titre du disque, White, serait-il une allusion aux changements politiques, le blanc ayant une valeur symbolique de transition, de passage, voire de deuil, dans la culture orientale?

A la première écoute, il apparaît clairement que la révolution stylistique de la musique classique ne viendra pas de Syrie cette année. Point de tabula rasa dans la musique de , à croire que Pierre Boulez n’a jamais existé ! Mais pour faire table rase du passé, encore faut-il qu’il y ait un passé. Or l’ a été créé en 2008. Donc ici l’enjeu n’est pas de rebâtir la musique classique sur de nouvelles bases mais de faire venir le public, d’inscrire l’Orchestre symphonique comme une institution au moins aussi légitime et attractive que les centres commerciaux flambants neufs et leurs restaurants internationaux, les grosses cylindrées allemandes, les mosquées et les pistes de ski couvertes… sans même parler de la prochaine coupe du monde de football qui se tiendra là en 2022.

Dans ce contexte de concurrence rude, très rude même, MAias Alyamani a-t-il une chance d’aider la musique symphonique à s’affirmer dans le monde arabe ? Cela se pourrait bien, car sa musique combine une séduction immédiate et une grande ingéniosité à combiner musique occidentale et orientale, les exemples les plus frappants étant Sea Waves où Hollywood rencontre Le Caire et Damas (voir la vidéo) et 0+ Tango, qui imbrique de manière qu’on pourrait croire improbable musiques arabe et argentine. Les Danses orientales par leur virtuosité généreuses seraient une sorte de pendant actuel des Danses Hongroises de Brahms. MAias Alyamani anime aussi le MAquam Ensemble, ensemble de cinq instrumentistes créé en 2006 à Vienne, et qui réarrange avec la technique occidentale des airs traditionnels ou contemporains arabes. Ses influences y vont clairement de l’Europe centrale à la péninsule arabique.

Si le compositeur poursuit l’écriture de nouvelles pièces aussi flatteuses à l’oreille néophyte que Sea Waves et 0+ Tango, il établira son influence musicale et créera un lien supplémentaire entre les cultures d’Orient et d’Occident, particulièrement bienvenu à l’heure du printemps arabe.

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