Sir Andrew Davis enchante les Concertos de Delius

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Frederick Delius (1862-1934): Double concerto pour violon et violoncelle ; Concerto pour violon ; Concerto pour violoncelle. Tasmin Little, violon ; Paul Watkins, violoncelle. BBC Symphony Orchestra, direction : Sir Andrew Davis. 1 SACD Chandos CHSA 5094, code barre : 095115509425. Enregistré à All Saints’ Church, Londres, octobre 2010. Notice d’Andrew Burn (anglais, allemand, français). Durée : 68’59

 

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Caramba, c’est encore réussi ! Sir s’impose à nouveau dans Delius  à côté de Sir Thomas Beecham! Le doute n’est plus permis, il est le chef actuel de référence dans ce répertoire. Le 150ème anniversaire de la naissance de  sous les meilleurs auspices.

Comme pour son précédent volume qui contenait Appalachia et The Song of the High Hills (Chandos, Clef ResMusica), ce disque reprend les deux concertos pour violon et pour alto, et le double concerto, toutes mal aimées de Beecham, et mal aimées généralement d’ailleurs, y compris par l’auteur de ces lignes. Personne n’avait osé les présenter sur un seul disque, alors que sur le papier leur association paraît d’une logique enfantine.

Si le Concerto pour violoncelle – la dernière œuvre que Delius ait pu composer de sa propre main et celle qu’il préférait parmi ses concertos – a légèrement plus de chaleur et de lyrisme, il partage avec ses deux frères les mêmes caractéristiques essentielles : le soliste n’a pas pour rôle de briller, de s’opposer, de se démarquer de l’orchestre, mais de porter et de faire avancer la musique en dialogue et en osmose avec lui. Art bien plus délicat, dans tous les sens du terme, de finesse, de sensibilité et de difficulté.

Le Double Concerto fut écrit par Delius pour deux sœurs, Beatrice et May Harrison, à qui il dédicaça l’œuvre. May défendit ardemment les Sonates n°1 et 3 pour violon (voir notre chronique de ces Sonates chez Naxos) et analysait en 1937, quelques années après la mort du compositeur, le secret de l’interprétation de cette musique : « Jouer la musique de Delius relève d’une sorte d’instinct – une impulsion naturelle – et peut-être était-il, plus que tout autre compositeur, tributaire du ressenti musical instinctif des interprètes de ses œuvres ».

Et à ce jeu-là, , et Sir s’entendent à merveille, retrouvant cet instinct indispensable à faire respirer la musique de Delius. Une poésie et une vie qu’on ne trouve ni chez elle-même dans ses précédents enregistrements avec Charles Mackerras (EMI et Argo/Decca), ni chez la grande Jacqueline du Pré (EMI), laquelle cherche trop à extraire la musique qui est dans la partition au lieu de la laisser se déployer avec son apparente facilité. Seul Beecham avec Jean Pougnet (Coffret de 6 CDs EMI, Clef ResMusica) offre une version alternative aussi pertinente, plus tendue, et avec un son plus précaire.

Si vos oreilles sont fatiguées du bruit contemporain et que vous recherchez de la musique inspirée, rafraîchissante, qui fuit l’esbroufe et chante l’harmonie, ce disque est pour vous.

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