Piano symphonique pour symphonies pianistiques

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) / Franz Liszt (1811-1886) : Symphonies n° 6 en fa majeur op. 68 « Pastorale » ; n° 2 en ré majeur op. 36. Yury Martynov, piano Erard 1837. 1 CD Zig-Zag Territoires. Ref : ZZT301 ; Enregistré du 26 au 29 septembre 2011 à l’Eglise Sint-Pieters, Belgique. Code barre : 3 760009 293014. Livret en français et anglais. Durée totale : non indiquée (environ 80 mn).

 

Au XIXe siècle, la transcription pour piano était un excellent moyen pour révéler certaines compositions que l’on n’avait pas toujours l’opportunité d’entendre en version originale. Ainsi trouve-t-on de nombreuses partitions d’opéras réduits au chant et piano et, dans une autre mesure, les symphonies de Beethoven, extrêmement difficiles à exécuter pour cette époque, en faisaient partie. Carl Czerny, élève de Beethoven, s’est déjà prêté à l’exercice pour les neuf symphonies de son maître pour deux pianos. Son élève Liszt, en a fait quelques-unes pour piano seul.

Dans ce disque, le génie du compositeur hongrois en tant que transcripteur est clairement audible. Fidèle aux œuvres originales, avec une texture sonore adaptée à chaque moment de la musique, la partition donne parfois de surcroît l’allusion qu’il s’agit d’une interprétation à deux pianos ou à quatre mains. Cette densité, dans certains moments des 1er, 3e et dernier mouvements, mais surtout les « orages » du 4e mouvement de la « Pastorale », constitue un beau contraste avec la légèreté aérienne des murmures de ruisseaux (2e mouvement) ou le sentiment de sérénité (5e mouvement). Même remarque pour la 2e Symphonie, entre l’énergie des mouvements rapides et la grâce de « larghetto ». Une telle visibilité n’est évidente que si l’interprétation est bien pensée et réfléchie. Le pianiste russe Yuri Martynov, également organiste et claveciniste, professeur au prestigieux Conservatoire national Tchaïkovski de Moscou, nous propose ici une lecture limpide, jusqu’à pouvoir distinguer chaque note sans difficulté. Le piano sur lequel il joue, Erard original de 1837, de la collection d’Edwin Beunk, a un éventail de coloris extrêmement riche, permettant de varier à l’infini les nuances, des plus délicates aux plus brutes.

C’est donc un enregistrement très réussi, qui profite pleinement du caractère de l’instrument dans une exécution moderne et puissante, mariant ce piano symphonique aux symphonies pianistiques des deux compositeurs géants.

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