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Giacomo Aragall, cet inconnu célèbre

À emporter, CD, Opéra

Jaime Aragall. Il mito dell’opera. Airs de Vincenzo Bellini (1801-1835) : I Capuletti e i Montecchi. Gaetano Donizetti (1797-1848) : Lucrezia Borgia, Caterina Cornaro, La Favorita, Lucia di Lammermoor. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Rigoletto, Don Carlo. Charles Gounod (1818-1893) : Faust. Jules Massenet (1842-1912) : Manon, Werther. Giacomo Puccini (1858-1924) : La Bohème, Tosca. Pietro Mascagni (1863-1945) : L’amico Fritz. Jaime Aragall (ténor). Enregistré en public entre 1966 et 1977. 1 cd Bongiovanni GB 1223-2. Code barre 8 007068 122325. Notice en italien et anglais. Durée : 77’17’’

 

L’une des plus belles voix de ténor des cinquante dernières années (Giacomo sur les affiches des théâtres où il chantait) n’a jamais bénéficié de la notoriété qu’il méritait. La faute à sa timidité extrême, à sa discrétion, à sa crainte viscérale des médias et à son refus d’engager un agent de relations publiques. Peut-être pensait-il que le talent suffirait à la reconnaissance. A l’époque de ses plus grands succès, il faisait route aux côtés d’un certain Luciano Pavarotti. Alors que le second a fait la carrière que l’on sait, Giacomo Aragall est resté sur les à-côtés de la gloire. Et pourtant, il possède un instrument que d’aucun qualifie comme plus équilibré, plus ouvert, plus doux en même temps que plus viril que celui du « ténorissimo ».

Pour s’en convaincre, cet album en offre quelques beaux moments d’une voix d’exception. Ainsi, dans ces enregistrements en public réalisés entre 1966 et 1976, on relèvera particulièrement les magnifiques interventions du ténor barcelonais dans le domaine du bel canto. Ainsi, difficile de se lasser de son phrasé dans I Capuleti e i Montecchi de Bellini où il chante les airs de Roméo qui ont été réécrits pour la voix de ténor. Et on écoutera avec émerveillement les deux airs de La Favorita de Donizetti, dont le fameux Una vergine, un angelo di Dio avec son contre-mi que le ténor chante avec une voix encore chargée de superbes harmoniques.

Plus inhabituelle mais toujours aussi charmante reste l’incursion d’Aragall dans l’opéra français. Si sa diction reste très « italianisée » dans le Salut demeure chaste et pure du Faust de Gounod, on se régale à la douceur de son timbre, et à l’éther de sa voix, dans son En fermant les yeux de la Manon de Massenet. Et quels sublimes mezza-voce dans son Ah, fuyez douce image.

En entendant encore Giacomo Aragall chanter Che gelina manina de La Bohème de Puccini, on mesure la beauté de sa voix et son extraordinaire souplesse. Remarquable aussi la générosité de son interprétation. Au point que le public applaudit son contre-ut avant même qu’il ait terminé son air.

Et quels magnifiques mezza-voce dans son O amore, O bella luce tiré de L’Amico Fritz de Mascagni

Un bien beau disque pour tous les amateurs de belles voix. Et comme cet inconnu célèbre n’a pas beaucoup fréquenté les studios d’enregistrements, il faut se précipiter sur ces documents un peu rares car d’ici quelques années, on ne trouvera plus ses enregistrements (certains sont déjà des « collectors ») et le fameux « grand public » aura oublié jusqu’à son nom.

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