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Dvořák de référence par Václav Neumann

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Antonín Dvořák (1841-1904) : œuvres symphoniques : intégrale des symphonies, et sélection de poèmes symphoniques et d’ouvertures. Philharmonie tchèque, direction : Václav Neumann. 1 coffret de 8 CD Supraphon. Référence : SU 4090-2. Enregistré entre 1968 et 1980. Notice de présentation en : anglais, allemand, français et tchèque. Durée : 8h31.

 

Le label Supraphon fait comme tout le monde et il exploite, en jolis petits coffrets ultra- économiques, son fonds de catalogue. Ce coffret consacré à  regroupe une sélection d’enregistrements de la Philharmonie tchèque sous la baguette de . Pourtant le titre du coffret « œuvres symphoniques » est un petit peu trompeur car il ne s’agit pas d’intégrale des partitions pour orchestre seul du compositeur de la Symphonie du nouveau monde ! En effet, il manque les ouvertures Mon pays natal et Husitska, le poème symphonique Chant héroïque, les Suites, les Sérénades, les Rhapsodies slaves et les Danses slaves.

Enregistrée au début des années 1970, la première intégrale des symphonies du chef n’a jamais occupé les premières places des discographies. Méconnue, car réservée au seul marché japonais, elle souffre médiatiquement  des intégrales de Rafael Kubelík (DGG) et d’István Kertész (Decca), piliers des rééditions.

Le travail de Neumann est solide et probe, ses tempi sont assez allants et le chef dirige droit devant lui, sans arrières pensées, dans une optique un peu bourrue et paysanne, qui rend hommage à la Bohème natale d’Antonin Dvořák. Les Symphonies n°1 à n°4 sont bien servies par cette baguette, qui évite de trop mettre en  avant leurs défauts et leurs temps morts, les dernières symphoniques (n°8 et n°9) sonnent de manière trop neutre et pas assez impliquées, à l’image d’une Symphonie n°8 trop bâclée et point noir du coffret. Le chef trouve, par contre, le ton juste dans les Symphonies n°5 à n°7 judicieusement pugnaces et ombrageuses, sans s’avérées trop rêveuses et nostalgiques. Il en va de même pour le triptyque des ouvertures de 1891 : Dans la nature, Carnaval et Othello. Dans la nature et Othello sont bien cernées à la fois poétiques et héroïques, mais Carnaval est trop sage, comme si le chef avait peur de lâcher la bride.

Enfin, les quatre poèmes symphoniques (opus 107 à 110) s’imposent comme la merveille de ce coffret. Ils sont emportés par un chef démiurge qui impose une urgence au discours et tend au maximum le matériau orchestral, comme dans une ouverture d’opéra. Dramatique et explosive, cette vision fait mouche.

On tient donc, un coffret attachant, intéressant pour l’histoire de l’interprétation, avec des points forts et des points faibles. Sur le créneau éditorial des symphonies complétées  par d’autres ouvertures et poèmes symphoniques, ce coffret n’a pas d’équivalent. Dans l’absolu, cette intégrale reste dominée par celles, bien oubliées aussi, d’Otmar Suitner et Witold Rowicki. Mais dans tous les cas c’est plus intéressant que Kubelik (DGG) et Kertész (Decca).

 

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Antonín Dvořák (1841-1904) : œuvres symphoniques : intégrale des symphonies, et sélection de poèmes symphoniques et d’ouvertures. Philharmonie tchèque, direction : Václav Neumann. 1 coffret de 8 CD Supraphon. Référence : SU 4090-2. Enregistré entre 1968 et 1980. Notice de présentation en : anglais, allemand, français et tchèque. Durée : 8h31.

 
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