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François Servais, le Paganini du violoncelle

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François Servais (1807 – 1866) : Morceau de concert op.14 ; Fantaisie burlesque sur le Carnaval de Venise op.9 ; La romanesca ; Concerto en si mineur op.5. Didier Poskin, violoncelle. KBS Symphony Orchestra, direction : Patrick Davin. 1 CD Fuga Libera FUG 593. Code barres : 5400439005938. Enregistré en 2012 au KBS Symphony Orchestra Studio. Notice quadrilingue (hollandais, anglais, français, coréen) de Peter François, bien documentée. Durée totale : 60’06

 

Berlioz, Rossini et d’autres encore sont responsables du surnom qu’on lui a donné, qui porte aussi celui du violoncelle Stradivarius de 1701 dont il joua sa vie durant et Anner Bylsma après lui. Et puis le temps, d’autres virtuoses, d’autres musiques firent leur apparition et Servais tomba dans un relatif oubli.

La publication de ce deuxième volume aux éditions Fuga Libera, au demeurant soignées et esthétiques, permet de faire le point sur ce dangereux attributif qui lui colle à la peau et qui semble fait pour attirer le chaland, au même titre que les nouveaux films largement surtitrés « par le réalisateur de », comme si le film ne se suffisait pas en lui-même. Ce surnom est-il mérité ? A l’écoute des œuvres du présent programme, rien ne semble moins sûr. Le problème tient en ce que , défenseur investi du compositeur, risque d’en faire les frais. D’où vient ce relatif ennui qui se dégage des quatre morceaux présentés ? Bien de leur contenu, et non de l’interprète, à qui on ne peut demander de se transformer une citrouille en carrosse. Non, le jeu du soliste fait tout et y réussit pour apprivoiser et faire chanter l’instrument. Mais la musique de est très représentative d’une société bourgeoise complaisante dont l’éducation musicale n’était pas la nôtre, nous qui pouvons avoir accès à d’autres auteurs de la même époque, et à Paganini lui-même, et qui pouvons aisément comparer l’art des uns et des autres, sans aucune pitié. Surtout, avec le recul, on ne peut que rester dubitatif envers ce public qui assura des triomphes à l’audition d’une bluette sans intérêt comme la Romanesca. Le nom de Paganini du violoncelle vient-il du fait qu’il n’avait jamais rien entendu de meilleur ? Ou de la prestance du personnage, compositeur-interprète obligé d’écrire pour lui ce qu’il ne trouvait pas dans le répertoire concertant de l’époque ? Ce virtuose hors pair, qui imposa entre autres l’usage de la pique, avait bien sa place dans les salons de l’époque. Le personnage disparu, reste la musique. Bien plate, aux accompagnements accompagnants, aux mélodies loin d’être inoubliables. Jamais on ne retiendra pour siffler un air dans la rue la musique de Servais, alors que celle de Paganini vient immédiatement à la mémoire, même celle de non-musiciens.

Une curiosité que l’on écoute une fois et que l’on range bien vite dans sa cdthèque, entre Scriabine et Séverac.

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François Servais (1807 – 1866) : Morceau de concert op.14 ; Fantaisie burlesque sur le Carnaval de Venise op.9 ; La romanesca ; Concerto en si mineur op.5. Didier Poskin, violoncelle. KBS Symphony Orchestra, direction : Patrick Davin. 1 CD Fuga Libera FUG 593. Code barres : 5400439005938. Enregistré en 2012 au KBS Symphony Orchestra Studio. Notice quadrilingue (hollandais, anglais, français, coréen) de Peter François, bien documentée. Durée totale : 60’06

 
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