Pour le 50e anniversaire de la destruction de Dresde

À emporter, CD, Musique symphonique

Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 2 en do mineur en 5 mouvements pour grand orchestre, soprano, alto et chœur mixte. Charlotte Margiono, soprano ; Jard van Nes, alto. Chœur du Staatsoper de Dresde, Chœur symphonique de Dresde, Orchestre de la Statskapelle de Dresde, dir. Bernard Haitink. 2 CD Profil-Hänssler. Réf. : PHO 7040, code barre : 8 81488 70405 1. Enregistrement live à Dresde (Semperoper) le 13 février 1995. Notice bilingue : allemand et anglais. Durée : 86’27

 

La terrible et terrifiante destruction de la ville de Dresde par les avions alliés le 13 février 1945 a ouvert de profondes blessures que le temps et la paix n’ont pas réussi à faire cicatriser totalement  dans la mémoire collective. L’Orchestre de la guidé de main de maître par se propose de commémorer l’événement un demi-siècle plus tard (15 février 1995) en retenant pour ce faire une œuvre symphonique majeure qui se prête idéalement à l’exercice : la Symphonie n° 2 en do majeur, pour soprano, alto, chœur mixte et grand orchestre, dite « Résurrection », que l’Autrichien élabora pendant les mois de vacances  d’été entre 1888 et 1895, avant d’en diriger la création à Berlin le 13 décembre 1895. Grandiose partition en cinq mouvements  durant pratiquement une heure et demie, la « Résurrection » se compose de deux mouvements extrêmes purement orchestraux d’une luxuriance post-romantique (et post-wagnérienne) géniale et époustouflante,  capable d’impressionner l’auditeur le plus blasé, sauf allergie absolue et rédhibitoire, bien sûr. L’orchestre survolté, les chœurs puissants et émouvants et les deux solistes bien en place (entendus dans le troisième mouvement Urlich et dans le Finale) exacerbent la vision majestueuse, démesurée et prodigieuse d’un tout de volonté inspirée et bien décidé à n’apporter aucune concession à l’expression d’un pouvoir créateur génial dont notre époque semble ne pas vouloir se lasser. Récompense superlative et sans limite de la postérité si souvent refusée au compositeur blessé mais parfaitement assuré, il l’a dit, que le succès viendrait beaucoup plus tard.

Cette nouvelle version de Haitink (sa septième au disque !), méritoire et édifiante, se positionne en une zone privilégiée située quelque part à équidistance de celles de Bruno Walter (Orchestre philharmonique de New York, CBS, 1957), de Zubin Mehta (Orchestre symphonique de Vienne, Decca, 1975) et de Klaus Tennstedt (Orchestre philharmonique de Londres, EMI, 1983) pour ne retenir que trois exemples parmi tant d’autres possibles. C’est dire qu’on y trouvera la puissance orchestrale de la Staatskapelle, la précision coutumière du grand chef néerlandais, les élans post-romantiques irrépressibles de Mahler… Enfin, tous les ingrédients d’un chef-d’œuvre impérissable que notre temps accepte de réhabilité avec enthousiasme.

« La route ne prend jamais fin. L’horizon se hâte de filer », nous assure justement le poète suédois contemporains Thomas Tranströmer.

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