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Un bel hommage à Debussy par Juliana Steinbach

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Claude Debussy (1862-1918) : Valse romantique, Rêverie, Mazurka, Suite bergamasque, Pour le piano, Images Série I, Images Série II, Valse – La plus que lente. Juliana Steinbach, piano. 1 CD GENUIN GEN12226. Code barre : 4260036252262. Enregistré en avril et octobre 2011 au Mediencampus Villa Ida à Leipzig. Notice de présentation en : Anglais, Allemand. Durée : 77’27mn.

 

fait paraître un disque Debussy très « fin de siècle », contenant de belles idées, ce qui n’est pas évident compte tenu de la célébrité des œuvres – pour enregistrer la Suite bergamasque ou les Images, la pianiste franco-brésilienne a manifestement des choses à dire. Sa démarche se présente comme un hommage et on ne manque pas de percevoir, en effet, le rapport intime et sentimental qui lie l’interprète au compositeur.

Elle prend le parti judicieux d’encadrer son enregistrement entre deux valses : la Valse romantique d’abord, qu’elle assume en tant que telle en déployant un jeu riche et capiteux ; La plus que lente pour finir, méditation légère qui se perd dans un écho. Entre les deux œuvres, il y a comme un cheminement. Une Rêverie remarquable par le son que trouve alors J. Steinbach ; son timbre d’une pureté exemplaire n’a pas l’air d’être ce monde et semble bien émerger d’un songe. Suit la Mazurka, hommage dans l’hommage, que quelques accents chopiniens n’empêchent pas de résonner sous les doigts de la pianiste comme une danse spirituelle et désincarnée. On retient de la Suite bergamasque le Menuet, éclatant de vigueur, plus que le Clair de lune, un peu trop attendu pour surprendre. Dans le recueil Pour le piano, J. Steinbach nous propose un Debussy débordant d’inventions. Elle s’y exprime de façon dense et ramassée, s’appuyant sur une excellente main gauche. Sa Toccata retient en particulier l’attention par une conduite d’une grande souplesse, qui fait naître un chant volubile et procure un délicieux sentiment d’improvisation.

Les deux séries d’Images sont l’occasion pour J. Steinbach d’apporter sa définition de l’idée d’impressionnisme. Dans ces pièces aux titres évocateurs, la pianiste s’emploie à créer des atmosphères propres, apposant telle une artiste-peintre des nuances plus ou moins vives et colorées. Elle excelle à restituer un décor naturel, comme dans les Reflets dans l’eau ou les Cloches à travers les feuilles. Son Hommage à Rameau (l’autre mise en abyme du disque) a par ailleurs un aspect sépulcral tout à fait impressionnant ; J. Steinbach en tire une plainte venue d’outre-tombe. De même enfin que ses Poissons d’or qu’elle fait frétiller par des trilles d’une légèreté admirable et qu’elle envoie tournoyer par le fond dans de grands accords jamais pesants. Un disque initiatique pour redécouvrir Debussy.

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