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Don Giovanni, les premiers pas de metteur en scène du chanteur Sébastien Lemoine

La Scène, Opéra, Opéras

Mâcon. Scène Nationale. 18-XI-2012. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Don Giovanni, dramma giocoso en deux actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte. Mise en scène, costumes : Sébastien Lemoine. Décor : Evelyne et Bernard Berthaud. Lumières : JC Pfauwadel et Philippe Iatonni. Avec : Sébastien Lemoine, Don Giovanni ; François Harismendy, Leporello ; Stéphanie Loris, Donna Anna ; Olga Listova, Donna Elvira ; Georges Wannis, Don Ottavio; Elisa Doughty, Zerlina ; Wassyl Slipak, Masetto, le Commandeur. Ensemble Vocal de l’Ain, chef de chœur Eric Reynaud. Orchestre Symphonique de Mâcon. Direction Eric Geneste

Le rideau s’ouvre sur une image suffocante : celle du commandeur, réduit à l’impuissance sur un lit d’hôpital, pendant que sa fille se fait violer dans le cabinet médical contigu. Il suffira au séducteur de débrancher la perfusion pour assassiner le vieillard, sans l’aide de la moindre épée.

Cette idée cependant ne sera qu’une fulgurance, car le reste de l’action se déroule hors de l’univers médical, même si les accessoires, table d’auscultation, bureau, ordinateur, demeurent présents tout au long du premier acte. Reste alors une vision très esthétique et au premier degré de l’œuvre. On serait tentée de dire tant mieux, tant les relectures modernistes en vogue ont pu irriter ça et là.

De longs rideaux translucides délimitent efficacement l’espace, dans des décors réduits au plus simple. Le noir et blanc domine, transpercé de quelques taches de couleur : la chemise turquoise de Don Giovanni, le tee-shirt rouge de Donna Anna. Les enjeux psychologiques sont peu fouillés, Donna Anna est amoureuse de Don Ottavio, sans aucune pensée trouble, Leporello n’est ni un double, ni un juge de son maître, Donna  Elvira ne connaît pas les tourments de la chair. Mais l’histoire est clairement racontée, les déplacements d’acteurs dessinés avec netteté, et l’ensemble particulièrement beau à regarder. Que demander de plus, si la musique est bonne ?

Elle l’est, en effet. L’Orchestre Symphonique de Macon, sous la baguette d’, sonne limpide et bien en place. La distribution féminine n’apporte que des éloges, qu’il s’agisse de la Donna Anna de Stéphanie Loris, de la Donna Elvira d’Olga Listova ou de la Zerlina d’Elisa Doughty, toutes possèdent un fort joli timbre et sont parfaitement en situation. Le tableau est un peu moins idyllique en ce qui concerne les hommes, car, si est un Don Giovanni élégant et charmeur, et Wassyl Slipak un excellent Masetto et un solide Commandeur, est un peu trop premier degré en Leporello de style camionneur vêtu d’un marcel. Georges Wannis est le point faible de la distribution, car, s’il possède toute les notes de Don Ottavio, sa voix est décidément bien laide.

Une représentation, donc, de grande qualité, menée avec le plus sérieux professionnalisme, sous les premiers pas de en tant que metteur en scène. Excellent chanteur lyrique, ayant rencontré le succès public dans la chanson française grâce à son groupe les Stentors, il vient d’ajouter une corde à son arc. Diable d’homme…

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