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A Monaco, Hans was Heiri : décalé et génial

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Monte-Carlo. Grimaldi Forum. 13-XII-2012. Monaco Dance Forum. Zimmermann & de Perrot : Hans was Heiri. Création. Conception, mise en scène et décor: Zimmermann & de Perrot. Composition musicale: Dimitri de Perrot. Chorégraphie : Martin Zimmermann. Dramaturgie : Sabine Geistlich. Construction décor : Ingo Groher, Christiane Voth, Théâtre Vidy Lausanne. Costumes : Francisca Born. Créé avec : Tarek Halaby, Dimitri Jourde, Dimitri de Perrot, Gael Santisteva, Mélissa Von Vépy, Methinee Wongtrakoon, Martin Zimmermann

Hans was Heiri : du pareil au même. Dans leur dernière création, Zimmermann & de Perrot travaillent sur les individualités, ou plutôt cherchent à prouver que celles-ci n’existent pas et qu’au bout du compte, les humains se distinguent étonnamment peu dans leurs sentiments et leur mode de fonctionnement. L’argument est à la fois ambitieux et élémentaire.

A la manière de La Bruyère, les deux comparses dessinent sous nos yeux des caractères humains à première vue nettement différenciés : la vamp, l’extravertie, l’intellectuel, le comique ou encore le sportif. « Ce que nous aimons, ce sont les humains, surtout dans leurs infinies contradictions. Notre sport favori, c’est de nous observer l’un l’autre et d’observer notre entourage » confesse de Perrot. L’enfermement de la condition humaine, à laquelle aucune individualité ne saurait échapper, est symbolisé par un cube – représentant un immeuble et ses différents appartements – dans lequel sont emprisonnés les personnages. Le prisme tourne sur lui-même, encore et encore, emportant avec lui les protagonistes, leur univers et leurs certitudes, dans une sorte de folie furieuse. La démonstration passe par un rythme qui n’est que frénésie et excès. L’action n’est jamais linéaire. Par contraste, le langage corporel est simple, primaire, et figure une réalité dénuée de tout artifice. Avec toujours cet aspect décalé et humoristique qui est la marque de fabrique des deux comparses (Zimmermann revendique cet aspect salvateur du rire : « Souvent, dans un théâtre, les gens n’osent pas rire franchement aux éclats. Les enfants et les cinglés sont super, pour ça. Leur rire spontané peut libérer toute une salle d’adultes coincés »).

Certaines scènes se figent dans un esthétisme génial. La poésie n’est jamais loin chez les deux comparses.

On soulignera la formidable polyvalence des interprètes, à la fois artistes de cirque et danseurs. Leur prise de risque est constante. Ces artistes sont sensationnels.

A la table de mixage, de Perrot se met en scène avec les danseurs et conduit ce petit monde avec sa musique.

Hans was Heiri est une pièce marquante, un spectacle hybride qui joue sur tous les tableaux. Le travail qui nous est livré ce soir est résolument décalé et génial. Mais surtout génial.

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