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Triste hommage à Devy Erlih

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate n° 2 pour violon et piano en ré majeur, op. 12 n° 2 ; Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate n° 3 pour violon et piano en ré mineur, op. 108 ; Claude Debussy (1862-1918) : Sonate pour violon et piano en sol mineur ; Albert Roussel (1869-1937) : Sonate n° 2 pour violon et piano en la majeur, op. 28 ; Maurice Ravel (1875-1927) : Sonate pour violon et piano ; Darius Milhaud (1892-1974) : Sonate n° 2 pour violon et piano, op. 40 ; Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, op. 35 ; Jean Sibelius (1865-1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré mineur, op. 47 : Serge Prokofiev (1891-1953) : Concertos pour violon et orchestre n°1 et n°2. Jacques Février, piano ; Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire, direction : Georges Tzipine ; Orchestre National de la RTF, direction : Pierre Michel Le Comte, Jean Martinon et Pierre Dervaux. 2 CD INA Mémoire vive. Notice de présentation en : français et anglais. Durée : 3h40’15

 

Décédé tragiquement en février 2012, le violoniste se voit honoré par la publication d’un plantureux hommage de la part de l’INA. Adulé par ses groupies, fut une figure marquante et attachante de la vie musicale française de la seconde moitié du XXe siècle. Créateur de partitions de ses amis André Jolivet, Charles Chaynes, , Henri Sauguet, Henri Tomasi, il fut également un pédagogue insatiable dispensant son enseignement à Marseille et Paris.

Alternant sonates et concertos du répertoire, ce coffret commence de manière désastreuse par une Sonate n°2 de Beethoven, tout simplement insupportable. La prise de son miteuse ne fait qu’appuyer, sans humanité, sur les carences du soliste : le son est acide et l’intonation hasardeuse. Stylistiquement, la perception du tandem violon/piano est toute aussi éloignée des canons du bon gout racé et primesautier de cette jolie partition.  Il en va de même pour une Sonate n°3 de Brahms à la sècheresse désertique.  Les forets épaisses et nostalgiques de Brahms laissent place au soleil écrasant du Sahara traversé à toute allure en 4×4 poussif. Le son de violoniste est encore une fois desservi par une prise de son miteuse qui relègue  par ailleurs le piano au fond d’une cave. Le plantureux programme de sonates françaises est éditorialement plus intéressant. On se réjouit d’entendre les Sonates de Roussel et Milhaud. Stylistiquement le violoniste est plus à son aise, mais l’âcreté du son rend l’écoute des Sonates de Ravel et Debussy très pénibles.

Les grands concertos mettent en avant le tempérament affirmé du musicien. Galvanisé par la scène, prend de nombreux risques et dérape allègrement comme dans final du Concerto de Sibelius ou l’on se demande si le soliste va parvenir à la barre de mesure conclusive.  Face à des monstres comme David Oïstrakh, Michaël Rabin ou Nathan Milstein, le soliste fait pâle figure,  surtout en matière d’aisance digitale dans les nombreux passages techniquement difficiles.  Le son manque de fluidité et les prises de concerts ne masquent pas les nombreux accrocs. Les orchestres de Radio-France alternent placidité et emballement à la hussarde et accroissent le sentiment de malaise.

On n’épiloguera donc pas sur ce coffret  essentiellement destiné  au cercle des amis de l’artiste ou aux archivistes émérites du violon français… On aimerait également trouver une logique  et une stratégie dans les parutions INA car commercialiser un tel objet dessert, plus qu’il ne sert, la mémoire de cet artiste.  Un directeur artistique compétent n’aurait jamais dû accepter une telle parution.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate n° 2 pour violon et piano en ré majeur, op. 12 n° 2 ; Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate n° 3 pour violon et piano en ré mineur, op. 108 ; Claude Debussy (1862-1918) : Sonate pour violon et piano en sol mineur ; Albert Roussel (1869-1937) : Sonate n° 2 pour violon et piano en la majeur, op. 28 ; Maurice Ravel (1875-1927) : Sonate pour violon et piano ; Darius Milhaud (1892-1974) : Sonate n° 2 pour violon et piano, op. 40 ; Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, op. 35 ; Jean Sibelius (1865-1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré mineur, op. 47 : Serge Prokofiev (1891-1953) : Concertos pour violon et orchestre n°1 et n°2. Jacques Février, piano ; Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire, direction : Georges Tzipine ; Orchestre National de la RTF, direction : Pierre Michel Le Comte, Jean Martinon et Pierre Dervaux. 2 CD INA Mémoire vive. Notice de présentation en : français et anglais. Durée : 3h40’15

 
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