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Musique mixte et événement sonore

La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Comédie Nation. 26-II-2012. Jérome Combier (né en 1971) : Kogarashi, le premier soupir des fantômes. Patricia Alessandrini (née en 1970) : Menus morceaux pour un autre moi réunis. Christophe Trapani (né en 1980) : Really coming down. Facundo Nicolás Llompart (né en 1979) : Invisible. Panayiotis Kokoras (né en 1974) : Slide. Vinko Globokar (né en 1934) : Dialog über Wasser. Christelle Séry, guitare. Alexis Baskind, réalisation musicale informatique. Jean-Luc Penso, lumières.

Deuxième spectacle à l’affiche de la TPMC (Tout pour la musique contemporaine) qui, sous la direction artistique de la compositrice Lin-Ni Liao, propose chaque mois un concert de musique mixte ou électroacoustique. Le but n’étant pas seulement de passer en revue les compositeurs les plus intéressants du panorama contemporain mais aussi de donner la possibilité aux jeunes compositeurs de diffuser leur art.

Cela à travers la création de véritables événements musicaux qui plongent les auditeurs-spectateurs dans un continuum sonore privé de tout repère spatio-temporel. Le jeu de lumières ou mieux de clair-obscur contribue à la réalisation d’un spectacle où l’écoute se fait protagoniste.

Le parcours sonore sans doute très original, proposé par à la guitare et à l’ordinateur, fait interagir, dans un jeu de miroirs, la musique instrumentale et l’électronique jouée en temps réel selon la technique du live electronics. Menus morceaux pour un autre moi réunis de entièrement basé sur le concept d’étirement du tempo, force les oreilles à entendre les sons les plus secrets. A l’aide de l’amplification le moindre geste instrumental, le moindre bruit contribue à une sorte d’aliénation de l’auditeur et de la soliste qui explore plusieurs techniques de production sonore voire de différents modes de jeu. Ce qui s’avère être à la base de Slide de . Afin d’élargir les possibilités sonores de la guitare, plusieurs objets inusuels sont utilisés tout au long de l’œuvre. Ici, chaque geste prétendument isolé assume une double signification de coupure et de liaison ensemble à l’intérieur d’une pièce proprement basée sur cette dichotomie apparente.

Le « dialogue sur l’eau » Dialog über Wasser de extrait d’un cycle de quatre œuvres respectivement pour contrebasse solo, percussion, guitare et accordéon sanctionne la fin de la magie sonore. Une douce mélodie sifflée introduit le dialogue entre la guitare acoustique et son double électrique préalablement enregistré et diffusé par haut-parleurs. Le thème de l’eau est exploité par la guitare électrique qui semble conditionner la vie sonore de sa « sœur » acoustique. Ce lien évidemment indissoluble est brisé à la fin de la pièce lorsque la soliste entonne une mélodie populaire d’origine slovène qui raconte une jolie anecdote dont est victime une fillette. L’interprétation très zen de qui par moment essaye de se rendre Invisible comme le prescrit Facundo Llompart, et les manipulations d’ qui exaltent cette invisibilité sonore, mettent tous d’accord y compris les compositeurs présents dans la salle.

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