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Verdi, vie et oeuvre. Sylvie Oussenko et Gabriel Bacquier. Editions Eyrolles pratique. Paris. 208 pages. Livre + CD. 10€. N° ISBN : 978-2-212-54800-6. Dépôt légal : janvier 2013.

 

Année du bicentenaire de sa naissance oblige, et dans la foulée de l’ouvrage qu’elle consacre à Wagner pour la même raison (ironie de l’histoire !), Sylvie Oussenko nous livre ce petit livre sur , sa vie son oeuvre, écrit à quatre mains avec , célèbre interprète de grands rôles verdiens.

Le livre, résolument pratique, ne fait qu’esquisser la biographie du maître, et l’attention du lecteur est portée vers les oeuvres et les circonstances de composition et de création qui les entourent – contingences matérielles, aléas politiques et financiers. On ne saura pas tout, mais ces éléments permettent au lecteur de se rendre compte de l’existence trépidante du compositeur, en prise avec une époque mouvementée tant pour les arts que pour l’Italie.
D’un point de vue formel, la présentation générale est claire : le texte est découpé en chapitres et sous-chapitres courts, et donc faciles à lire, entrecoupés de citations données dans leur langue d’origine et en français. Pour aérer encore le texte, et véritablement plonger le lecteur au coeur du sujet, on aurait souhaité néanmoins l’ajout d’images – affiches, portraits, facsimilés – dont les lecteurs de ce type d’ouvrages ont l’habitude, tout en sachant que cela contraint fort les éditeurs, droits oblige.

Le style est agréable, même si certains passages sont plus relâchés, voire curieux, comme celui où les auteurs comparent (à leur profit bien sûr) des piliers du répertoire comme le Freischütz aux films fantastiques, La Fanciulla del West à un western spaghetti ou encore la Tétralogie au Seigneur des Anneaux ! Jeunisme ? Concession à la culture populaire ? On laissera chacun juger.

Il est évident en tout cas que cet ouvrage s’adresse à un lectorat de non-initiés, comme le montrent les courtes notices explicatives, qui renseignent aussi bien sur les individus que sur les courants de pensée qui traversent l’oeuvre de Verdi. La plupart de ces notices éclairent utilement le propos, notamment celles qui concernent les nombreux acteurs de l’unification italienne ou les artistes plus marginaux. D’autres au contraire sont plus discutables : doit-on ainsi vraiment expliquer au lecteur qui est Napoléon ? Peut-on réellement rendre compte de Shakespeare en six lignes ?

Toujours à ce sujet, il nous semble que la volonté pédagogique des auteurs atteint ses limites dans la recherche de l’exhaustivité, qui se traduit par ce que nous appellerons les « notices à tiroir » : une référence à Tommaso Grossi par exemple donne lieu à une première notice, qui en engendre une deuxième pour Alessandro Manzoni, le maître de Grossi, qui elle-même en induit une troisième, consacrée à Dante, dont Manzoni aimait la Divine Comédie … Outre le côté vertigineux du procédé, était-il nécessaire encore une fois d’expliquer qui est Dante, et surtout à ce moment précis du texte, alors qu’il apparaît par deux fois (et sans notice !) quarante pages plus tôt ? À notre sens, il eut fallu faire des choix, et peut-être parfois ne pas sous-estimer le lecteur.

Un enregistrement enfin accompagne le livre, qui regroupe des extraits d’oeuvres du maître, sans doute significatifs mais dont on remarque qu’ils ne sont pas exploités dans le corps du texte. Le lecteur, invité à écouter la scène de somnambulisme de MacBeth par exemple, ne saura rien ni du texte chanté, ni de l’art du compositeur, ni même des qualités de l’interprétation proposée, ce qui, compte tenu de la mauvaise qualité de l’enregistrement en question pose problème.

Le commentaire spécifiquement musical est généralement évité d’ailleurs ; on lira tout au plus, et presque sans caricaturer, que tel rôle verdien demande de la résistance à l’interprète. C’est dommage, parce qu’on attendrait notamment de qu’il en profite pour nous livrer des remarques tirées de son vécu d’interprète, et c’est trop peu, parce que cela revient à parler d’un musicien sans mentionner son art – même si nous savons toute la difficulté de traduire la musique par des mots, et a fortiori à un public de non-initiés.

Au final, ce petit ouvrage, synthétique et accessible au plus grand nombre, fourmille de bonnes idées, qui sont parfois trop poussées, mais fait l’impasse sur des éléments attendus.

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Verdi, vie et oeuvre. Sylvie Oussenko et Gabriel Bacquier. Editions Eyrolles pratique. Paris. 208 pages. Livre + CD. 10€. N° ISBN : 978-2-212-54800-6. Dépôt légal : janvier 2013.

 
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