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Yannick Nézet-Seguin à la russe pour ses débuts symphoniques chez DG

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Igor Stravinsky (1882-1971) : Le Sacre du printemps ; Pastorale ; Johann Sebastian Bach 1865-1750)/Leopold Stokowski (1882-1971) : Toccata et Fugue en ré mineur, BWV 565 ; Fugue en sol mineur BWV 578 ; Passacaglia et Fugue en Ut mineur, BWV 582. The Philadelphia Orchestra, direction : Yannick Nézet-Seguin. 1 CD DGG. Référence : 00289479 1074. Enregistré en mars 2013. Notice de presentation en : anglais, allemand et français. Durée : 63’08.
Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n°6 en si mineur ; Romances Op.6 pour violon et piano ; Romances, Op.73 pour violon et piano. Lisa Batiashvili, violon ; Orchestre Philharmonique de Rotterdam, direction et piano : Yannick Nézet-Seguin. 1 CD DGG. Référence 00289 479 0835. Enregistré en 2012. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Durée : 64’35

 

dgg nezet seguin stravinskyPour ses premiers disques purement symphoniques pour Deutsche Grammophon, Yannick Nézet-Seguin se confronte à un répertoire russe, très à la mode au concert et au disque.

En cette année du Centenaire du Sacre du printemps, il est au pupitre de son orchestre de Philadelphie pour une lecture du chef d’œuvre de Stravinsky. L’orchestre de Philadelphie est historiquement lié à cette partition : il en donna, en 1922, la création aux Etats-Unis et il grava, en 1929, le premier Sacre au disque. Ces deux  « premières » furent dirigées par le légendaire Leopold Stokowski. Le se confronta encore au Sacre sous les baguettes de ses directeurs musicaux successifs : Eugene Ormandy (CBS) et Riccardo Muti (EMI). Cette nouvelle lecture du chef canadien marque aussi le retour,  chez un label majeur, de l’orchestre de Philadelphie dont l’histoire est intimement liée aux enregistrements : du 78 tours aux téléchargements.

Ce qui séduit d’emblée c’est la qualité du fini technique et la beauté des couleurs de l’orchestre. La puissance des dynamiques et l’homogénéité (superbes cordes) rencontrent des individualités exceptionnelles chez les chefs de pupitre : le dialogue des bois de « l’introduction » est un des plus raffinés de la discographie. Dès lors, Yannick Nézet-Seguin se sert de cette palette orchestrale de premier plan pour imposer une lecture synthétique entre le classicisme du trait et la modernité instrumentale : on est dans une ligne qui conjugue la splendeur cultivée d’un Karajan (DGG) et l’énergie d’un Salonen (DGG). La précision des pupitres et leur capacité à rendre de multiples couleurs et nuances font le petit plus de cette lecture. Avec le disque de Philippe Jordan (Naïve) à la tête de l’Orchestre de l’opéra de Paris, ce Sacre s’impose comme l’un des plus belles publications de l’année.

En complément, le chef et l’orchestre rendent hommage à Stokowski, pilier de la légende du à travers quelques transcriptions de Bach (évidement) et de Stravinsky. Yannick Nézet-Seguin évacue toute démonstration orchestrale de puissance pour travailler l’originalité des contrastes et des timbres de ce travail. La petite Pastorale de Stravinsky conclusive est un charmant bonbon, un peu calorique tout de même.

dgg nezet seguin tchaikovskyDe l’autre côté de l’Atlantique, au pupitre de son Philharmonique de Rotterdam, le musicien se confronte à la « Pathétique » de Tchaïkovski. Cette lecture est menée avec intelligence et sens dramatique alors que les tempi s’avèrent bien choisis. Le chef construit la partition sur la durée et évite la creuse démonstration orchestrale  dans les mouvements centraux. Certes, on ne retrouve pas la théâtralité exacerbée d’un Gergiev dans le finale, mais les climax sont gérés sans exagération, ni mièvre sensiblerie. La plastique de l’orchestre est aussi un motif de satisfaction, il faut dire que depuis les années Gergiev, les Néerlandais connaissent cette œuvre comme leur poche.

Pour ajouter au minutage, Yannick Nézet-Seguin se met au piano pour accompagner la violoniste , une autre star de la DGG. Ces Romances pour violon et piano sont jouées avec style et musicalité, mais elles restent des pièces de genre assez anecdotiques.

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Igor Stravinsky (1882-1971) : Le Sacre du printemps ; Pastorale ; Johann Sebastian Bach 1865-1750)/Leopold Stokowski (1882-1971) : Toccata et Fugue en ré mineur, BWV 565 ; Fugue en sol mineur BWV 578 ; Passacaglia et Fugue en Ut mineur, BWV 582. The Philadelphia Orchestra, direction : Yannick Nézet-Seguin. 1 CD DGG. Référence : 00289479 1074. Enregistré en mars 2013. Notice de presentation en : anglais, allemand et français. Durée : 63’08.
Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n°6 en si mineur ; Romances Op.6 pour violon et piano ; Romances, Op.73 pour violon et piano. Lisa Batiashvili, violon ; Orchestre Philharmonique de Rotterdam, direction et piano : Yannick Nézet-Seguin. 1 CD DGG. Référence 00289 479 0835. Enregistré en 2012. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Durée : 64’35

 
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