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Festival d’Ambronay : baroque portuguais inédit avec Capella Sanctae Crucis

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Ambronay. 34e édition du festival. Salle Monteverdi. 5-X-2013. Duarte Lobo (ca 1565-1646) : Opuscula : Natalitiae noctis responsoria. Ensemble Capella Sanctæ Crucis, direction : Tiago Simas Freire.

Tiago 3Qui connait Coelho, de Magalhães, Lobo, Cardoso, de Seixas ? Des musicologues, des musiciens, oui… Mais le public a-t-il souvent entendu des œuvres de ces compositeurs baroques portugais ? Ce n’est pas le moindre mérite du jeune chef , que d’avoir composé un programme autour de l’un d’eux, , pour l’offrir au public du festival d’Ambronay.

À partir d’un important travail de recherches musicologiques à la Bibliothèque Générale de l’Université de Coimbra sur des fonds issus de l’ancien monastère de Santa Cruz de Coimbra, il a choisi des répons à 4 et 8 voix dans les Opuscula : Natalitiae noctis responsoria que Lobo avait fait imprimer à Anvers.

Ainsi, les spectateurs se sont retrouvés à Noël 1613 grâce à l’ensemble .

L’intonation Deus, in adjutorium, chantée de l’extérieur de la salle Monteverdi, est suivie par une pièce à 4 de Pedro de Cristo qui permet au public de faire connaissance avec la harpe ibérique. À l’unisson, les chanteurs proclament « le Christ est né pour nous ». Ils y croient !
Le premier repons de Lobo est à 8. Les instruments couvrent un peu (trop) la voix de Marie Remandet mais l’acoustique de la salle n’est pas simple à maîtriser. En revanche, la projection d’images (partitions originales ou peintures du monastère) permet au spectateur d’être un peu plus dans le contexte du temps.
Le troisième repons Quem vidistis pastores « qui avez-vous vu, bergers » est accompagné par la gaïta (cornemuse) de . Bel ensemble des chanteurs avec des changements de tempo très fréquents, piégeux mais parfaitement maîtrisés.
C’est bien la fête de Noël avec le vilancico qui suit : es nasçido ! « Il est né ! »
Le cinquième repons est illustré par la projection d’une peinture du monastère où l’on voit un ange jouer… de l’orgue. Et c’est le cas.
Romain Bockler devient soliste dans le repons VI, soutenu par les percussions, et le public apprécie son timbre et son expressivité.

Un intermède instrumental fait sonner les deux cornets puis la dulciane.

La pièce suivante, en cours d’étude musicologique, est intéressante par sa construction : l’un après l’autre, chaque musicien expose son instrument et le jeune chef dirige ou plutôt mime la musique. Le public se retient pour ne pas applaudir sur l’élan… musical, bien sûr.
De la gaïta au tambourin à cordes en passant par la harpe ibérique, on a vu et entendu des instruments peu courants. Instructif, vraiment.
Pour terminer, une chanson bien choisie Al arma, al arma « aux armes ! ».Paroles et rythme appellent l’enthousiasme et les applaudissements d’un public conquis et par les œuvres et par ce jeune ensemble.

Ce concert-découverte a suscité des commentaires enthousiastes des spectateurs. Le plus fréquent ? Ce programme et ces jeunes musiciens mériteraient un disque ! À bon entendeur…

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