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Le Ballet de Novossibirsk au Bolchoï

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Moscou. Théâtre Bolchoï. 31-III-2014 et 1-IV-2014. Igor Stravinsky (1882-1971) : Les Noces, scènes chorégraphiques russes avec chant et musique ; Le Sacre du Printemps, ballet en deux tableaux actes. Chorégraphie : Patrick de Bana. Mise en scène : Alain Lagarde. Costumes : Stéphie Bäuerle. Avec Anna Odintsova et Roman Polkolnikov (soirée du 31 mars). Pulcinella : ballet en un acte, sur la musique d’Igor Stravinsky sur un thème de G. B. Pergolesi. Chorégraphie : Kirill Simonov. Costumes : Stefania Graugogkaite. Avec : Maxim Grichenkov (Pulcinella), Vera Sabantseva (Pimpinella). Grand Pas de Paquita. Chorégraphie : Marius Petipa. Costume : Yana Serebryakova. Avec : Natalia Erchova (soliste principale), Sergeï Polunin (soliste principal), Olga Grinchenkova, Anna Odintsova, Ivan Kuznetsov (Pas de trois), Anna Guermizeeva, Elena Litkina, Vera Sabantseva, Svetlana Svinko, Anna Odintsova (variations) (soirée du 1er avril) ; et le Corps de Ballet du Théâtre de Novossibirsk. Orchestre du Théâtre de Novossibirsk, direction : Ainars Rubikis.

PulcinellaDans le cadre des Golden Mask, festival annuel de théâtre russe qui regroupe des manifestations diverses (opéra, danse, marionnettes, etc.) aboutissant à des remises de prix, nombre de représentations significatives sont reprises à Moscou pour que le jury puisse émettre de façon avisée son verdict. Le a donc été invité lors de deux soirées au Théâtre du Bolshoï (nouvelle scène).

La première soirée commençait par Les Noces de Stravinsky, avec l’orchestre du Théâtre de Novossibirk ; on aura apprécié la densité et la jeunesse vocale d’Olga Kolobova (le soprano) face à l’impétuosité d’un orchestre tonitruant et pas nécessairement des plus raffinés, usant de façon excessive les cuivres. En revanche, le chœur, admirable de ductilité, laissait apparaître la tendresse de ces scènes chorégraphiques. La seconde partie de soirée restait sur la musique d’Igor Stravinsky : le Sacre du Printemps, dont la chorégraphie signée , a permis au Ballet de briller par sa puissance. La scénographie est assez claire, peut-être caricaturale : un couple homme-femme, habillé de blanc, semble former un duo originel (ou bien égaré dans un monde inquiétant sans autre décor qu’un plafond évidé en son centre et deux chaises, le reste étant dans l’ombre) face à des hordes d’êtres plus hostiles, moins vêtus et plus sombrement ; ce rapport de force entre les deux est un rapport de survie, dans lequel l’écriture chorégraphique exige une présence de chacun des membres de la troupe (quand bien même corps de ballet). On en ressort avec un sentiment de monde un peu vacillant, une sorte d’étrangeté sereine, pas nécessairement angoissante. Pour une relecture du Sacre dont les versions ne cessent de s’accumuler, ce n’est pas la pire, et cette alternative proposée est plutôt intéressante.

Le sacre

La seconde soirée mettait en valeur le talent comique de la troupe où des saynètes de danse servaient à susciter l’amusement chez le spectateur avec les personnages de la Commedia dell’arte. Ainsi, quantité de prétendants identiques apparaissent quand pointe la question de trouver le premier amour original parmi tous les hommes masqués, rendant folle l’héroïne qui ne sait plus où donner de la tête. Avec des variations brillantes, faciles d’accès et sur une musique inspirée de Pergolèse, l’attention a été emportée par l’hilarité et la cocasserie des situations théâtrales.

En contrepoint bien différent, le Grand Pas de Paquita : que serait le divertissement de danse si le Grand Pas de Paquita n’existait pas? On trouve là tous les ingrédients de la danse académique pure. Tout flamboie dans cette production présentée (en Russie, on n’a guère honte de cela) comme un spectacle à part entière. Les petits garçons de la mazurka portent moustache, cape et éperons (bien sonores) : c’est qu’il faut rappeler la danse de caractère. Le décor est somptueux, et l’on n’a pas peur de sortir lustres, rideaux rouge et or, ouverture sur un jardin enchanteur et tutus au plateau fourni d’un tulle luxueux. Tout flatte l’œil en ce qu’il est donné de visuel. Du point de vue de la danse, on a beaucoup aimé et Svetlana Svinko dans leurs variations respectives ainsi qu’Ivan Kuznetsov dans le Pas de trois. , l’ancien danseur du Royal Ballet exerçant désormais en Russie, reste magnifique de détente et de facilité.

Le a montré nombre de capacités de répertoire, de l’académique au vraiment contemporain, avec un plaisir égal, qui rappelle qu’en Russie, même les compagnies pas forcément parmi les plus connues sont d’un niveau international.

Crédit photographique : Pulcinella, le Sacre du Printemps © Evgueniy Ivanov

 

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Moscou. Théâtre Bolchoï. 31-III-2014 et 1-IV-2014. Igor Stravinsky (1882-1971) : Les Noces, scènes chorégraphiques russes avec chant et musique ; Le Sacre du Printemps, ballet en deux tableaux actes. Chorégraphie : Patrick de Bana. Mise en scène : Alain Lagarde. Costumes : Stéphie Bäuerle. Avec Anna Odintsova et Roman Polkolnikov (soirée du 31 mars). Pulcinella : ballet en un acte, sur la musique d’Igor Stravinsky sur un thème de G. B. Pergolesi. Chorégraphie : Kirill Simonov. Costumes : Stefania Graugogkaite. Avec : Maxim Grichenkov (Pulcinella), Vera Sabantseva (Pimpinella). Grand Pas de Paquita. Chorégraphie : Marius Petipa. Costume : Yana Serebryakova. Avec : Natalia Erchova (soliste principale), Sergeï Polunin (soliste principal), Olga Grinchenkova, Anna Odintsova, Ivan Kuznetsov (Pas de trois), Anna Guermizeeva, Elena Litkina, Vera Sabantseva, Svetlana Svinko, Anna Odintsova (variations) (soirée du 1er avril) ; et le Corps de Ballet du Théâtre de Novossibirsk. Orchestre du Théâtre de Novossibirsk, direction : Ainars Rubikis.

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