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Saveur et délicatesse des Trois contes de l’Honorable Fleur

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Maurice Ohana (1913-1992): Trois contes de l’Honorable Fleur, opéra sur un livret d’Odile Marcel; Kiyoko Okada, soprano; Ensembles Musicatreize et Arabesques; direction Roland Hayrabédian. CD Musicatreize M13/3C/1/1. Enregistré à l’Auditorium Joseph Kosma du CRR de Nice le 21/11/2013; Texte français/anglais. 44’37.

 

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troiscontesCréé au Festival d’Avignon en 1978 et enregistré dans la foulée (Collection MFA), Trois Contes de L’Honorable fleur de fait l’objet d’une nouvelle gravure produite cette fois par l’ensemble et son chef Roland Hayrabedian qui poursuivent leur fidèle compagnonnage avec l’oeuvre de Ohana. Les musiciens de sont associés à l’ensemble hambourgeois Arabesques dans cette cinquième pièce lyrique du compositeur (1977) où la soprano soliste est tout à la fois diseuse et chanteuse.

Inspirées de contes japonais médiévaux, ces scénettes très imagées (Ogre mangeant des jeunes femmes sous la lune, Le vent d’Est enfermé dans un sac, La pluie remontée au ciel) sont réinventées par le compositeur qui leur donne son nom (O Hana veut dire l’Honorable Fleur en japonais). Il confie la rédaction du livret à son épouse qui élabore une trame narrative très originale; le texte passe en partie par la voix parlée de la chanteuse, relayée par l’écriture instrumentale qui assume aussi la dramaturgie. La voix chantée, quant à elle, s’affranchit totalement de la prosodie puisque son texte est inventé, fait d’onomatopées japonisantes qui interfèrent très finement avec les sonorités instrumentales. Ohana venant de découvrir l’Opéra chinois, la partition regorge de références à l’univers sonore extrême-oriental: accelerando rythmique sur les temple blocs, pizzicati nerveux évoquant le plectre sur le luth, piccolo strident comme la flûte traditionnelle, alliage subtil des bois et de la trompette bouchée façon orgue à bouche shô. Texte et écriture instrumentale sont étroitement complices au sein d’un univers stylisé oscillant entre épure japonaise et humour distancié. La voix très flexible de déploie une riche palette de couleurs et se plie avec autant d’élégance que de fantaisie au tracé facétieux de la ligne vocale. Dans un équilibre sonore bien senti entre les forces en présence, ces trois perles du Japon acquièrent une saveur et une délicatesse rares.

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Maurice Ohana (1913-1992): Trois contes de l’Honorable Fleur, opéra sur un livret d’Odile Marcel; Kiyoko Okada, soprano; Ensembles Musicatreize et Arabesques; direction Roland Hayrabédian. CD Musicatreize M13/3C/1/1. Enregistré à l’Auditorium Joseph Kosma du CRR de Nice le 21/11/2013; Texte français/anglais. 44’37.

 
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