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Pierre Cochereau rend hommage à son maître Marcel Dupré

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Marcel Dupré (1886-1971) : Trois préludes et fugues op. 7 ; Cortège et litanie op 19 ; Variations sur un vieux noël op. 20 ; Symphonie-passion op. 23. Pierre Cochereau au grand orgue de Notre-Dame de Paris. 1 CD FY & Solstice FYCD 820. Code barre 3279798201037. Enregistré en février et mars 1975. Livret bilingue français anglais. Durée totale : 70′ 51 ».

 

dupre_cochereau_fyEn 1955, alors titulaire nommé depuis peu à la prestigieuse tribune de l’orgue de Notre-Dame de Paris, enregistrait déjà une œuvre maitresse de : la Symphonie-Passion op. 23. (Les incunables, Solstice SOCD 177/8). Il rendait là un premier hommage appuyé à son maître qui avait dit de lui: « Un phénomène sans équivalent dans l’histoire de l’orgue contemporain ». Cet enregistrement, document unique, reste une référence, captée sur l’orgue Cavaillé-Coll avant les grands travaux des années 60 et suivantes. Par la suite, voulut rendre un nouvel hommage au travers d’un album plus fourni comprenant deux microsillons bien remplis dont le présent album est le reflet fidèle.

En effet, on trouve là les plus belles pièces de Dupré, dont ses splendides Préludes et fugues op.7, les fameuses Variations sur un vieux noël op. 20, et une nouvelle fois la Symphonie-Passion. Aux dires du regretté Jean-Marc Cochereau, fils de l’interprète, et directeur artistique pour l’occasion, son père avait dû fournir un énorme travail de préparation, afin de proposer aux discophiles une version qu’il souhaitait de référence. Pour des raisons de timing, l’œuvre « Evocation op. 37, en trois mouvements » ne figure pas sur le présent CD, mais a déjà fait l’objet d’un report CD (, l’organiste de Notre-Dame SOCD94/96).

Cathédrale fermée, dans un silence parfait, et sur un orgue alors en forme, bien accordé et réglé, et doté depuis peu de ses fameuses chamades, voulues par son titulaire, tous les éléments étaient réunis pour que cet album fut une réussite. Pierre Cochereau apporte quelques explications concernant son approche, dont il s’était entretenu en 1969 avec Dupré, notamment au niveau des tempi adoptés. Il avait pris le parti de les accélérer globalement, ce qui fit dire à Dupré que cela apportait « un surcroit de vie ». D’autres libertés furent prises aussi concernant certaines registrations, adaptées en bonne intelligence musicales à l’orgue si particulier de Notre-Dame.

Au final cet enregistrement constitue un des plus beaux hommages jamais rendus à l’art de par l’un de ses plus grands disciples. Tous deux étaient d’immenses improvisateurs, et l’exemple même de la symphonie-Passion, au départ pensée dans l’instant, apportait à Cochereau le ferment idéal, pour sublimer une musique qu’il aimait par dessus tout. Cet album est peut être le plus beau jamais réalisé par Pierre Cochereau en ce qui concerne de la musique écrite, et peut être justement car ces compositions renferment en elle même un élan unique issue de l’improvisation. C’est une rencontre magique, au sommet, de deux géants de la musique d’orgue.

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