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Créations de François Meïmoun par le Quatuor Ardeo

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, Théâtre des Bouffes du Nord, 24-XI-2014. Felix Mendelssohn (1809-1847) : Quatuor en la mineur op. 13 ; François Meïmoun (1979-) : Quatuor n° 3 (création mondiale) ; Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Variations Goldberg BWV 988, transcription pour quatuor à cordes de François Meïmoun (2014, création mondiale). Quatuor Ardeo : Carole Petitdemange, Mi-sa Yang, violons ; Noriko Inoué, alto ; Joëlle Martinez, violoncelle.

ArdeoLe offre un grand panorama musical du 18e siècle au 21e, avec deux créations mondiales, sous le signe d’une grande ardeur – comme l’indique son nom.

Ce concert, original par son programme, participe à « La Belle Saison – Concert Halls », un réseau de salles de concert européennes de taille moyenne (essentiellement en France mais aussi en Belgique et au Royaume Uni) qui privilégie les jeunes interprètes émergents. La création du Quatuor n° 3 de Meïmoun s’inscrit dans les programmes, une quinzaine en tout, spécialement établis pour cette saison inaugurale.

Le concert commence par le Quatuor op. 13 de Mendelssohn. Composé à l’âge de 18 ans, cette œuvre donne l’aperçu de l’étonnante maturité du compositeur, par son caractère passionné et dramatique que les jeunes femmes du transmettent avec fermeté, mais aussi avec un grand lyrisme à longue haleine (introduction du mouvement initial et le deuxième mouvement). La théâtralité du dernier mouvement est particulièrement appréciable dans leur interprétation, augmentant considérablement l’intensité musicale.

Le Quatuor à cordes n° 3 de , d’une quinzaine de minutes, est constitué de quatre parties traditionnelles mais en continu, avec un fragment mélodique comme thème commun. Cependant,  plutôt qu’une œuvre cyclique avec ce « thème », ce Quatuor est une mosaïque de différents idées et motifs, avec des références comme Ravel, Chostakovitch ou Liszt. Le Quatuor Ardeo, qui a joué à maintes reprises le premier Quatuor du compositeur, apparaît en interprète idéal de cette pièce, par sa manière d’exprimer qui mêle habilement la fièvre et le calme.

La Transcription des Variations Goldberg par le même compositeur est une « réappropriation » de l’œuvre, étant donné qu’aucune note n’est enlevée ni modifiée, mais redistribuée sur les seize cordes du quatuor. Réappropriation également sur le plan sonore, car il n’utilise pas tout le temps les quatre instruments mais souvent un jeu par deux (deux violons ; alto et violoncelle ; violon I et violoncelle ; violon II et alto, etc.). Si la transcription pour l’« Aria » qui fait appel au quatuor au grand complet semble un peu épaisse par rapport à la simplicité de musique originelle, celles des variations sont tout à fait adéquates, avec de multiples couleurs et des techniques variées, notamment le pizzicato. Même si la forme de quatuor à cordes n’existait pas telle quelle à l’époque de Bach, la version de Meïmoun est bien menée, sans défigurer la nature de la musique du cantor. Et cette appréciation est due en grand partie à l’exécution des Ardeo, qui ont pris la peine de changer la disposition des instrument, comme du temps de Mozart et de Haydn, à savoir, de gauche à droite : violon I, alto, violoncelle, violon II.

Crédit photographique : Quatuor Ardeo © NewOperaHero.

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