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Anton Reicha, cet illustre (presque) inconnu réhabilité

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Anton Reicha (1770-1836) : Quatuors à cordes op. 49 n° 1 en ut mineur ; op. 90 n° 2 en sol majeur ; op. 94 n° 3 en fa mineur. Quatuor Ardeo : Olivia Hughes, Carole Petitdemange, violons ; Lea Boesch, alto ; Joëlle Marinez, violoncelle.
1 CD Empreinte digitale, ref : ED13240 ; code barre : 3 760002 130286. Enregistré du 7 au 11 mars 2013 à Palazetto Bru Zane (Venise). Livret en français et en anglais. Durée totale : 63’56”

 

Les Clefs ResMusica

, professeur de Berlioz, de Franck et de Gounod, a longtemps été injustement oublié en tant que compositeur. Les trois Quatuors à cordes par le réhabilitent à merveille une partie de son patrimoine musical.

Ardeo ReichaAnton [Antonín, Antoine] Reicha [Rejcha], natif de Prague, musicien cosmopolite, entame sa carrière à 19 ans à la Hofkapelle de Bonn où il rencontre Beethoven. Après avoir séjourné à Hambourg et à Paris, il passe six années à Vienne, de 1802 à 1808, où il bénéficie d’un enseignement de Haydn et d’autres grands compositeurs, avant de s’installer définitivement à Paris en tant que professeur de contrepoint et fugue au Conservatoire. Ses quatre grands traités de théorie musicale sont toujours consultés par les étudiants, professeurs et professionnels. Naturalisé français en 1829, il est élu à l’Institut en 1835 et meurt l’année suivante. Très prolifique dans la musique de chambre, il laisse une vingtaine de quatuors à cordes édités ; huit à Leipzig entre 1804 et 1805, puis douze à Paris et à Bonn dans les années 1820. Les trois Quatuors que l’on entend dans ce disque n’ont jamais été enregistrés auparavant, et donnent un aperçu non seulement de l’œuvre du compositeur mais de ce genre musical en France. L’intérêt musicologique de ce CD est donc non négligeable.

Les quatre jeunes femmes des Ardeo (depuis l’enregistrement, deux des membres fondatrices ont été remplacées par deux nouvelles musiciennes) interprètent ces pièces avec un engagement et une inspiration rares, dans un grand respect stylistique. En effet, Reicha était capable d’imiter parfaitement le style de Mozart, de Haydn et d’autres compositeurs, tout en introduisant des éléments inattendus. Ainsi, dans l’opus 49, le premier mouvement cite le thème du 24e Concerto pour piano de Mozart (de surcroît dans la même tonalité d’ut mineur) tandis que l’« Adagio » est écrit en canon, c’est-à-dire en contrepoint, avant de terminer avec un « Allegro » très lyrique. Les musiciennes tiennent admirablement et rigoureusement en compte de toutes ces caractéristiques, tandis que leur interprétation déborde d’une prodigieuse énergie communicative, qui attire naturellement ceux qui écoutent. L’équilibre entre les quatre instruments est idéal, sans que les violons ne soient particulièrement privilégiés ; par conséquent, les quatre parties deviennent transparentes. À quoi s’ajoute une réverbération modérée dans la prise de son qui donne plus de plaisir dans l’écoute, d’autant qu’on entend aussi des souffles et des respirations des interprètes. C’est dans l’ensemble une très belle réalisation, que l’on garde bien volontiers dans sa collection favorite.

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Anton Reicha (1770-1836) : Quatuors à cordes op. 49 n° 1 en ut mineur ; op. 90 n° 2 en sol majeur ; op. 94 n° 3 en fa mineur. Quatuor Ardeo : Olivia Hughes, Carole Petitdemange, violons ; Lea Boesch, alto ; Joëlle Marinez, violoncelle.
1 CD Empreinte digitale, ref : ED13240 ; code barre : 3 760002 130286. Enregistré du 7 au 11 mars 2013 à Palazetto Bru Zane (Venise). Livret en français et en anglais. Durée totale : 63’56”

 
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