Small is beautiful !

Un récent article du site internet américain Crain’s New York Business posait une question intéressante et pertinente : l’avenir est-il aux petites structures ?

L’article opposait les grosses difficultés des mastodontes new-yorkais aux jeunes pousses dynamiques. D’un côté le Metropolitan Opera en crise systémique quasi-annuelle ou le New-York City Opera dont le rideau ne s’est plus levé depuis la cessation d’activités en 2013 et de l’autre une poignée de jeunes compagnies lyriques à la fois énergiques et implantées sur des niches : démocratisation du grand répertoire dans des lieux inconnus, présentation d’œuvres rares ou mise en avant de créations contemporaines. Entre les deux : le fossé des coûts ! Si le MET est confronté à des coûts très élevés et le besoin de justifier son standing par une recherche du prestige, les petites compagnies, à géométrie variable, savent s’adapter au contexte difficile en maîtrisant leurs dépenses. Ainsi, une production du Barbier de Séville est annoncée à 55 000 dollars alors qu’une production du MET descend rarement en-dessous du million de dollars. Le succès public est indéniable : doublement du nombre de structures et augmentation du nombre des places vendues. L’avenir est d’autant plus radieux pour ces jeunes pousses qu’elles souhaitent conserver une forme simple aux dépenses maîtrisées et elles ne cherchent pas l’embourgeoisement. Plus inquiétant pour le MET, le public y est le même que celui de ses soirées de grand luxe qui peinent, de plus en plus, à remplir au box office.

Rapporté à notre vieux continent, cette situation est intéressante dans la mesure où le développement de petites structures pourrait à la fois élargir le public et redonner une envie aux spectateurs lassés du ronronnement des affiches et des prix des places vertigineux. Ainsi, l’évolution de l’Opéra de Paris vers l’ultra-luxe ouvre sans aucun doute une brèche pour des projets innovants à même de redonner un dynamisme et un souffle à la scène classique. Un orchestre comme de allie énergie et innovation en portant la musique dans des salles où les institutions prestigieuses et richement dotées rechignent à mettre les pieds. La scène festivalière est un autre exemple de cette vague de fraicheur et de dynamisme qui fédère les publics autours de projets attractifs.

En dépit de la sinistrose actuelle, il faut innover, innover et encore innover. Le public est en recherche de propositions originales et d’un contact simple et sincère avec les musiciens. Là, réside une formidable opportunité pour les jeunes artistes pour lesquels nombre de structures établies rechignent, en ces temps de disette, à engager.

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