Carte blanche à Martha Argerich : live à Verbier

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« Carte blanche à Martha Argerich ». Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Trio des Esprits en ré majeur op. 70 n°1 ; Robert Schumann (1810-1856) : Scènes d’enfants op. 15 ; Franz Schubert (1797-1828) : Rondeau en la majeur D 951, « Grand Rondeau » ; Sonate pour arpeggione et piano en la mineur D 821 ; Maurice Ravel (1875-1973) : Ma mère l’Oye ; Béla Bartók (1881-1945) : Sonate pour piano et violon n°1 Sz 75 ; Witold Lutosławski (1913-1994) : Variations pour deux pianos sur un thème de Paganini ; Improvisation de Gabriela Montero. Martha Argerich, piano ; Yuri Bashmet, violon ; Renaud Capuçon, violon ; Julian Rachlin, violon ; Lang Lang, piano ; Gabriela Montero, piano ; Mischa Maisky, violoncelle. 2 CD Deutsche Grammophon. Enregistré dans la salle Médran du Verbier Festival, le 27 juillet 2007. Notice trilingue. Durée : 136’09 »

 

argerichDeutsche Grammophon initie une série d’enregistrements du avec cette « Carte blanche à  ». En juillet 2007, la pianiste argentine réunissait des amis talentueux autour d’œuvres qu’elle affectionne. Cet album fait revivre cette soirée avec bonheur, avec (ou malgré) les imperfections du direct.

Les aficionados de ne seront pas déçus : à la différence de l’enregistrement Martha Argerich and friends (EMI), la pianiste argentine est présente durant les deux heures de concert et nous offre un solo, ce qu’elle donne rarement, dans les Kinderszenen de Schumann. Ces dernières enchantent, jouées avec toute l’exigence et la maturité que demande paradoxalement cette musique.

Le concert commence avec fougue par le Trio des Esprits de Beethoven (Czerny songeait au spectre de Hamlet en l’écoutant, rappelle le livret), avec et , dans une interprétation qui justifie à elle seule l’acquisition du disque. Le premier mouvement est saisissant, haletant (au sens propre du terme, quand on entend le souffle des interprètes !), le fameux « Largo » fantomatique et le « Presto » joué avec grâce, dans un tempo très rapide, mais tout à fait maîtrisé. Les quatre-mains avec sont très expressifs, de manière parfois exagérée dans Ma mère L’Oye de Ravel (dans les « Entretiens de la belle et la bête », en tout cas) ; le Grand Rondeau de Schubert finit par sembler un peu long, sans doute par son tempo plutôt lent. La sonate Arpeggione de Schubert, avec au violon est très convaincante. Mais le clou de la deuxième partie est la Sonate pour violon n°1 de Bartók. Grâce à et sa partenaire, la sonate devient véritablement « propice aux rêves et aux visions », pour reprendre le mot de dans la revue Modern music (n° 19). Enfin, les Variations pour deux pianos sur un thème de Paganini du compositeur polonais Lutosławski sont interprétées brillamment, avec la pianiste vénézuélienne . Cette dernière termine le concert sur un Joyeux anniversaire, dont l’improvisation virtuose met le public en joie.

Certes, la prise de son laisse passer toutes les imperfections du direct – des quintes de toux aux bruits d’archets – et peut déranger. Mais c’est aussi le charme de la retransmission d’un concert plein de vie et d’humanité.

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