Ouverture de saison, dansé automnal, pour le CCNR de Yuval Pick

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Rillieux-La-Pape. CCNR. 25-IX- 2015. Yuval Pick (né en ) : Loom. Interprétation : Julie Charbonnier. Madoka Kobayashi. Musique : Drones § piano et Finale de Nico Muhly.
YK15. Interprètes : Julie Charbonnier. Madoka Kobayashi. Jérémy Martinez. Alexander Standard. Composition musicale : Samuel Sighicelli. En complicité avec Spirito – Chœurs et solistes de Lyon.

6X9A0588La saison chorégraphique du CCNR vient de s’ouvrir donnant à découvrir la nouvelle création, un rien mélancolique, du maître des lieux .

Toujours aussi avenant et délicat, le chorégraphe et directeur du Centre, jadis tenu par Maguy Marin, invite le spectateur à éteindre son téléphone et à gouter la magie de « Loom » dans un premier temps, puis après une courte pause et un changement de plateau de « YK15 », son nouveau crû comme ses initiales l’indiquent.

Peu ambitieuse mais raffinée à l’extrême, c’est une danse sobre tout en mouvements saccadés et respirés heurtés que nous donnent à voir les interstices entre les pas.

Galop double

Tels des chevaux endiablés partis à la dérive en un corps à corps sans toucher, les deux danseuses héroïques de Loom se font face et s’affrontent tout en finesse, déhanché, saut et en : se tordre, tourner, tomber, se relever, toujours, respirer encore et encore, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce que les corps soient vaincus par la puissance de la danse, par l’harmonie qui se dégage de la symétrie du duo. Il en va de silences et de grands halètements quand le piano en fond sonore se met à effleurer la surface des interprètes comme pour venir les lisser ou les délester du poids dramatique de leur face-à-face sinueux. Un beau destin aura ce « loom » qui saisit les corps et les envoûte, tout en les dérangeant sans jamais les effleurer.

loom3_Yuval Pick©Amandine Quillon

Quatuor fragile

La seconde pièce, très attendue, YK15, met en scène quatre danseurs de noir vêtus, prêts à en découdre aussi, mais au ralenti, semble-t-il, la danse est plus apaisée, les solos plus posés, chaque mouvement appelle une autre en miroir ou en fondu enchaîné et se marie à merveille avec les Chœurs et solistes de Spirito, qui soupirent un langoureux et doux « Mon cœur se recommande à vous » d’Orlando di Lasso, en motif entrelacé. Nous avons aimé être propulsés dans ce quatuor sérieux qui donne à penser plus qu’à éprouver, c’est peut-être ce qui manque aux mouvements justes et musicalement étudiés de , une épaisseur de chair qui ferait oublier le concept, un grain de déhanché assoupli qui lierait cet enchevêtrement qui dégage plus de souffrance que de joie. Le monde est triste certes, mais la danse pourrait être une brèche vers plus de lumière ou de légèreté incandescente. Ouvrir ainsi une saison, c’est lui donner une tonalité automnale de saison certes, mais un peu frustrante cependant.

Crédit photographique : loom © Amandine Quillon

 

 

 

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