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Johann Caspar Fischer claveciniste et organiste par Elisabeth Joyé

À emporter, CD

Johann Caspar Fischer (1656-1746) : Musicalischer Parnassus ; Ariadne Musica ; Blumen Strauss. Elisabeth Joyé, clavecin Philippe Humeau (1993) et orgue Quentin Blumenroeder (2009) du Temple du Foyer de l’âme à Paris. 1 CD Encelade ECL 1402. Enregistré en octobre 2014 (orgue) et janvier 2015 (clavecin). Livret bilingue français anglais. Durée totale : 66′.

 

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Johann Caspar Fischer, musicien allemand très estimé de ses contemporains Bach et Haendel a composé diverses Fleurs musicales, véritables bouquets en musique qui fleurissent et s’épanouissent agréablement sous les doigts d’, tour à tour à l’orgue et au clavecin.

Au XVIIIème siècle, les titres de nombreuses œuvres musicales évoquaient la mythologie, comme le fait Fischer en invoquant les muses ou le Parnasse. On se souvient de la découverte de cet auteur grâce à un disque ancien de William Christie au clavecin qui avait déjà fait sensation. Le présent CD réunit la plupart des pièces les plus attrayantes, tirées de divers recueils. On retrouve les influences qui furent celles de cet auteur, comme de tant d’autres dans cette Allemagne musicale, cosmopolite et fédératrice des divers courants venus de France ou d’Italie. On pense en particulier à qui subit les mêmes influences.

La première partie du disque, au clavecin, évoque les muses Uranie, Melpomène et Clio au travers de suites de danses telles que les pratiquaient la plupart des musiciens de l’époque : toccata introductive, puis succession de différentes danses se terminant par une somptueuse passacaille. Le clavecin de construit en 1993 d’après un modèle allemand de Carl Fleischer de 1720 fait merveille. Avec un diapason très bas et un tempérament adapté, la musique de Fischer prend ici tout son relief et toute sa pertinence. C’est la musique d’un grand que porte superbement Elisabeth Joyé, sur les traces de son maître , dans la recherche de l’expressivité et de la vocalité du discours.

Les œuvres suivantes sont jouées à l’orgue, ce qui parait logique, tant les auteurs anciens pratiquaient les deux instruments principaux pour le clavier. Certaines œuvres paraissent vraiment écrites pour tel ou tel, d’autres au contraire s’adaptent facilement de l’un à l’autre. Pour l’heure, la forme Prélude et fugue semble idéale pour l’instrument à tuyaux, et Fischer en écrivit toute une série. Le choix s’est porté sur un orgue parisien reconstruit en 2009 par Quentin Blumenroeder pour le Temple du Foyer de l’Âme à Paris. Ce facteur s’est largement inspiré des instruments baroques de l’Allemagne orientale, si riches en inspirations de toutes sortes. On est séduit par un son chatoyant, rond et solide qui donne aux œuvres toute leur gravité. L’interprète passe ainsi d’un instrument à l’autre avec le même bonheur et une égale aisance.

Ce disque résume idéalement l’art au clavier de Johann Caspar Fischer et permet une découverte de taille pour qui n’aurait en tête que l’évocation d’un auteur lointain et oublié. Cet enregistrement rétablit magnifiquement une certaine injustice.

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